Un embouteillage chez les fournisseurs de la construction

L’arrêt subit de la construction résidentielle au cours du mois de mars ainsi que le redémarrage soudain des activités en mai n’est pas sans avoir causé un certain embouteillage parmi les fournisseurs et sous-traitants des entrepreneurs généraux qui prendront des vacances obligatoires à compter de vendredi.

La volonté des nouveaux propriétaires de prendre possession de leur nouvelle maison avant ces vacances se bute parfois à des retards de livraison de certains éléments.

L’entrepreneur Carol Girard, de Construction Carol Girard, mène de front huit chantiers résidentiels et affirme ne pas avoir eu de problème à respecter ses délais de livraison.

Toutefois, il avoue que par les temps qui courent, il est important de respecter son calendrier de construction puisque les sous-traitants spécialisés dans la fabrication d’armoires, couvre-planchers, fournisseur de portes et fenêtres, pose de céramique et fermes de toit subissent de la pression pour livrer. 


« Je dirais que cet été, on subit des retards de livraison de deux à trois semaines de plus que la normale. Un entrepreneur qui commande aujourd’hui des fermes de toit aura de la difficulté à les avoir avant le mois de septembre »
L’entrepreneur Carol Girard, de Construction Carol Girard

M.Girard ajoute que le monde de la construction vit d’une année à l’autre à peu près toujours le même scénario lors de la dernière semaine avant les vacances alors que tout le monde est en urgence.

Chez un autre constructeur, Ger-Ro Construction, Karl Tremblay, président et copropriétaire, vit lui aussi les effets de la COVID-19. Selon lui, la fermeture subite des usines de production de matériaux un peu partout en Amérique du Nord a fait en sorte que les fournisseurs ont laissé écouler leur stock sur le marché pendant l’arrêt alors que la reprise a été faite graduellement et à un rythme moindre en raison des mesures de distanciation sociale et autres mesures sanitaires.

Dans les derniers jours, M. Tremblay affirme avoir vécu des difficultés d’approvisionnement ou de choix de matériaux dans différents types de revêtement extérieur et de bois traité. « La semaine dernière, j’avais trois quincailleries qui n’avaient plus de bois traité. Dans le revêtement extérieur, il y a des couleurs qui n’étaient pas disponibles. »

N’eût été de la COVID-19, les 26 travailleurs embauchés par l’entreprise n’auraient pas arrêté de travailler. Il précise que certains acheteurs de maisons neuves ont tout simplement décidé au mois de mars de reporter leur projet. Dès que la reprise a été annoncée en mai, ces acheteurs potentiels ont décidé d’aller de l’avant, contribuant ainsi à l’effet d’embouteillage.

M. Tremblay prévoit que la construction commerciale où il oeuvre également se poursuivra de façon intense jusqu’à tard cet automne puisque plusieurs appels d’offres pour des projets institutionnels ont été reportés pendant la COVID-19. Il cite en exemple la construction de la caserne de pompiers de Saint-David-de-Falardeau ainsi qu’un projet de congélation d’une entreprise privée qui devra recommencer ses démarches auprès des autorités municipales.