Un éducateur en garderie coupable de voies de fait sur un enfant de deux ans et demi

Un éducateur en garderie coupable de voies de fait sur un bambin

Un éducateur en garderie de 42 ans, Maxime Michaud Ste-Marie, est déclaré coupable de voies de fait pour avoir secoué un bambin de deux ans et demi.

Le vendredi 3 novembre 2017, Lorriève Giguère-Lévesque se rend reconduire son fils à la garderie privée La Reine des Glaces, dans Vanier.

Par la fenêtre extérieur du bâtiment, elle voit un éducateur soulever un petit garçon du sol en le tenant par les biceps. L’éducateur va ensuite secouer l’enfant, témoigne Lorriève, qui voit la tête du bambin rebondir vers l’avant et vers l’arrière. L’éducateur repose le garçonnet et le secoue une nouvelle fois lorsqu’il est sur le plancher.

Durant tout l’épisode, le garçon pleure et l’éducateur a le visage fâché, témoigne la mère de famille. 

Sous le choc, Lorriève dénonce immédiatement le comportement de cet éducateur, le seul homme à travailler dans la garderie. La mère identifie le garçon et une seconde fillette qui, selon la mère, a été tassée rudement par l’éducateur.

Maxime Michaud-Ste-Marie a été congédié le lundi suivant et, après enquête, accusé de voies de fait sommaires. 

À son procès, l'accusé s’est défendu en niant toute brutalité.  

Michaud Ste-Marie affirme que le matin de l’événement, il était le seul éducateur dans le local d’accueil pour s’occuper de 15 bambins. C’est le double du ratio habituel, précise-t-il.

Trois garçonnets de deux ans et demi décident de lancer des carrés en mousse colorée qui servent de plancher. 

L’éducateur les avertit et deux enfants cessent. Le troisième lance un autre carré et s’apprête à recommencer.

Maxime Michaud-Ste-Marie soutient avoir seulement retenu l’enfant par les bras et lui avoir demandé d’un ton ferme s’il allait arrêter.

Les mouvements de tête que la mère a vu par la fenêtre étaient simplement les gestes d’acquiescement de l’enfant, soutient l’éducateur. Après l’intervention, l’enfant serait reparti jouer en riant.

La juge Johanne Roy de la Cour du Québec n’a pas cru le témoignage de l’accusé, qui, en raison de multiples incohérences, était non crédible et ne soulevait pas de doute raisonnable, affirme la juge. «L’accusé ajuste sa version des faits à la preuve», constate la juge Roy.

Les larges mouvements de la tête du bambin vus par Lorriève Giguère-Lévesque ne peuvent pas correspondre à des gestes d’acquiescement, évalue la juge Roy. La mère de famille a témoigné sans animosité et sans commenter outre mesure ce qu’elle a vu, ajoute la juge.

L’accusé a eu énormément de mal, note la juge, à répondre à certaines questions simples, par exemple, dans combien de garderies a-t-il travaillé. Sa première réponse a été trois ou quatre. Il a fini par convenir qu’il avait travaillé dans 13 garderies depuis le milieu des années 2000. Il a été congédié une seule fois pour avoir accidentellement écrasé le doigt d’un enfant.

Les représentations sur la peine auront lieu en octobre. L'homme est en liberté durant les procédures.