Les emplettes de fin de soirée ont pris une tournure inusitée pour un Suttonnais qui s’est retrouvé bien malgré lui enfermé dans le IGA de la rue Principale.

Un client reste enfermé dans un IGA

SUTTON — Les emplettes de fin de soirée ont pris une tournure inusitée pour un Suttonnais qui s’est retrouvé bien malgré lui enfermé dans le IGA de la rue Principale.

Jean-Bruno Gagnon s’est présenté au supermarché vers 20 h 45, mardi soir, soit un quart d’heure avant sa fermeture.

Le fait qu’il y soit le seul client n’avait pas inquiété le quinquagénaire outre mesure. « Je croyais que le IGA fermait entre 21 h 30 et 22 heures, allègue-t-il. Normalement, quand l’épicerie ferme, il y a toujours quelques clients à la dernière minute. Je pensais donc avoir le temps de faire mes commissions. »

Après avoir complété ses emplettes « dans sa bulle », une nonchalance qu’il attribue entre autres à son « cerveau en compote », fruit d’une vilaine grippe estivale, M. Gagnon se présente à la caisse, où personne ne l’attend pour lui faire payer ses achats.

« Je me disais que la caissière était peut-être aux toilettes, alors j’ai attendu », raconte le citoyen.

Les minutes passent : toujours personne.

« C’est à ce moment-là que je remarque que le tiroir-caisse est vide, poursuit M. Gagnon. J’en ai déduit que la caissière était partie compter son argent. »

Quelques minutes s’écoulent encore, mais personne ne vient à la rencontre du client, qui décide alors de faire un tour des lieux pour trouver âme qui vive.

Jean-Bruno Gagnon s’est retrouvé prisonnier du IGA de Sutton pendant près d’une heure après sa fermeture, mardi dernier.

Distraction et incrédulité

Ce genre d’incident est pour le moins inhabituel, confirme le directeur de l’épicerie, Stéphane Lusignan. Bien qu’il ait déjà entendu parler de clients oubliés à la fermeture, c’était la première fois que cela se produisait dans son commerce.

« Tous les soirs, nos employés font le tour pour avertir les clients de la fermeture, explique-t-il. Il y a aussi des lumières qui s’éteignent quand on ferme, mais il ne semble pas les avoir vues. »

La fermeture d’un second mode d’éclairage a toutefois mis la puce à l’oreille de M. Gagnon. « Quand je me suis mis à la recherche de quelqu’un, j’ai remarqué que des lumières se sont éteintes. Et c’est là que je me suis mis à douter », relate-t-il.

Son premier réflexe a été d’aller replacer les aliments réfrigérés dans le congélateur le plus proche, puis de rassembler les autres victuailles dans une boîte pour venir les chercher à la réouverture. « J’avais fait une grosse épicerie et je n’avais pas envie de tout recommencer le lendemain », raconte-t-il le plus sérieusement du monde.

L’homme a ensuite tenté de sortir par la porte avant du magasin, qui était verrouillée. Il s’est ensuite mis à la recherche d’une autre issue, en vain.

L’incrédulité, beaucoup plus que la panique, l’a alors envahi. « Je trouvais ça absurde ! Je me disais : ça ne se peut pas que je sois pris là ! » lance M. Gagnon, qui a finalement contacté le 911.

Pas tout un plat

La Sûreté du Québec a tôt fait de communiquer avec le propriétaire de l’épicerie, qui lui a contacté son fils pour qu’il aille à la rescousse du client enfermé.

« Je jouais au dek hockey à Cowansville quand mon père m’a appelé. Je suis arrivé au magasin vers 22 h, 22 h 10 », se souvient M. Lusignan.

En tout, M. Gagnon a dû passer un peu plus de trois quarts d’heure seul dans l’épicerie.

Même s’il était entouré de nourriture, l’idée de grignoter son ennui en attendant les secours ne lui a jamais effleuré l’esprit. « Le pire, c’est que rendu chez moi, j’avais faim, dit-il. J’étais allé au IGA pour m’acheter des céréales à manger en fin de soirée et je n’en avais pas plus en rentrant chez moi ! »

Cette mésaventure donnera toutefois lieu à quelques améliorations pour s’assurer qu’un tel incident ne se reproduise plus. « On va vérifier ce qu’on peut faire », affirme M. Lusignan.

Signe que M. Gagnon n’a pas fait tout un plat de son aventure, il est retourné chercher sa commande en matinée, mercredi. « C’est un peu étrange comme situation, c’est drôle et pas drôle en même temps, mais je n’aurais pas été mal pris si j’avais été là plus longtemps ! » rit-il.

M. Lusignan prend lui aussi le tout avec un grain de sel. « Je lui ai dit qu’il aura une bonne histoire à raconter, qu’il pourra se vanter d’être le premier et seul client ayant été enfermé dans notre magasin ! », blague le commerçant.