Deux nouvelles infractions pour excès de vitesse ont été ajoutées lors de la mise à jour du dossier du conducteur.

Un camionneur pressé rappelé à l’ordre

Un camionneur de la région au pied pesant devra suivre une formation sur la conduite préventive, tel que le lui a ordonné la Commission des transports du Québec (CTQ), plus tôt ce mois-ci.

Convoqué pour la première fois devant la Commission en janvier dernier, Stéphane Normandin, conducteur pour la compagnie gardangeoise Entreprise Dexsen et ayant préalablement été à l’emploi des Cartons Northrich inc., à Granby, a vu son comportement sur la route analysé en vertu de la Loi concernant les propriétaires, les exploitants et les conducteurs de véhicules lourds.

Cette loi « autorise la Commission à faire enquête pour déterminer si le comportement d’un conducteur de véhicules lourds met en danger la sécurité des usagers sur les chemins ouverts à la circulation publique ou compromet l’intégrité de ces chemins », peut-on lire dans la décision datée du 9 juillet dernier.

Une telle enquête sur le comportement d’un conducteur est déclenchée lorsque la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) constate que le camionneur enregistre un certain nombre d’infractions au Code de la sécurité routière ou des comportements téméraires sur une période donnée.

Infractions

Un total de quatre infractions a été inscrit au dossier de M. Normandin entre novembre 2015 et novembre 2017.

Il fut d’abord intercepté à 105 km/h dans la zone de 70 km/h de la route 112 devant le mener à Granby. Cette infraction lui a valu une réprimande verbale de son employeur.

Le camionneur a également utilisé son cellulaire au volant. Lors de son témoignage, il a indiqué s’être acheté par la suite un dispositif « mains libres » pour éviter de commettre la même erreur une seconde fois.

M. Normandin a également reconnu ne pas avoir porté sa ceinture de sécurité adéquatement lors d’un transport.

Enfin, on lui reprochait d’avoir omis de remplir un rapport de ronde de sécurité, mais selon le principal intéressé, il n’avait pas l’option d’indiquer qu’une défectuosité était mineure dans ledit rapport. De nouvelles procédures ont été mises en place pour pallier la situation.

Qui plus est, M. Normandin s’est soumis à une formation sur les obligations des utilisateurs de véhicules lourds, a-t-il démontré à la Commission en fournissant une copie de son attestation délivrée en février dernier. Cela représente un facteur atténuant à son dossier.

« Pas suffisamment sensibilisé »

Or, deux nouvelles infractions pour excès de vitesse ont été ajoutées lors de la mise à jour du dossier du conducteur, couvrant la période du 18 janvier 2017 au 17 janvier 2019, a constaté la juge administrative Linda Giroux.

Dans le premier cas, M. Normandin a été intercepté à une vitesse de 85 km/h dans une zone où celle-ci est plafonnée à 50 km/h ; dans le second, il roulait à 99 km/h alors que la vitesse était limitée à 80 km/h.

« Toute infraction pour un excès de vitesse entre 31 km/h et 40 km/h par rapport à la limite de vitesse permise constitue une infraction grave », a souligné Mme Giroux, qui relève que M. Normandin s’est trouvé dans cette situation à au moins deux reprises.

Confronté aux faits, le conducteur a admis ses erreurs, qu’il attribue à une « mauvaise habitude », et a reconnu le danger encouru par celle-ci, souligne le rapport.

Pour encadrer les excès de vitesse pouvant être commis par ses camionneurs, l’employeur de M. Normandin a d’ailleurs doté sa flotte de véhicules d’un logiciel avertissant le conducteur, par des lumières et du son, dès qu’il roule trop vite.

Cette mesure, à elle seule, n’a pas suffi à convaincre Mme Giroux. « M. Normandin, à titre de conducteur de véhicules lourds, présente un comportement déficient en regard de la sécurité des usagers sur les chemins ouverts à la circulation publique et que cela met en danger la sécurité de ceux-ci, affirme-t-elle. [Il] n’a pas démontré qu’il a effectué des changements à sa conduite ni pris des mesures correctrices afin de s’assurer de circuler en dessous de la vitesse permise ou à cette vitesse et ainsi d’adopter et de maintenir un comportement différent. »

Cela fait dire à la juge administrative que le camionneur « n’est pas suffisamment sensibilisé aux dangers associés à cette problématique », c’est pourquoi elle a ordonné à celui-ci de « suivre une formation sur la conduite préventive, volets théorique et pratique, d’une durée minimale de quatre heures, auprès d’un formateur en sécurité routière reconnu » et de soumettre une preuve à la Commission que cette formation a bel et bien été suivie, d’ici octobre prochain.