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Samuel Larouche, un ancien serveur devenu concepteur-rédacteur publicitaire, a eu envie de lancer une riposte à un problème persistant en restauration: l’impolitesse de clients.
Samuel Larouche, un ancien serveur devenu concepteur-rédacteur publicitaire, a eu envie de lancer une riposte à un problème persistant en restauration: l’impolitesse de clients.

«Tu vas m’dire ça autrement»: un appel à la politesse résonne dans le milieu de la restauration

Marc Allard
Marc Allard
Le Soleil
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Avec la réouverture des restaurants en zone orange, Samuel Larouche, un ancien serveur devenu concepteur-rédacteur publicitaire, a eu envie de lancer une riposte à un problème persistant en restauration: l’impolitesse de clients.

Mardi, il a écrit sur son compte Instagram «Ouverture des restaurants = retour de la belle phrase "Tu vas m’donner".» Et, en parallèle, il a publié un logo de son cru sur lequel on peut lire la même expression, mais biffée et remplacée par «Tu vas m’dire ça autrement».

La publication, que M. Larouche a aussi relayée sur son compte Facebook, est devenue virale sur les réseaux sociaux, résonnant particulièrement chez des travailleurs de la restauration.

M. Larouche a travaillé plusieurs années comme serveur à Québec. Il se souvient qu’il était particulièrement irrité par le début de phrase autoritaire «Tu vas m’donner» ou d’autres directives dans le genre.

Il espère que son modeste appel à la politesse portera fruit après une période de pandémie éprouvante pour les travailleurs de la restauration. «Si ça peut conscientiser à avoir du respect pour ceux qui travaillent dans le service à la clientèle, tant mieux», dit-il.

Une serveuse dans une pizzéria de la région de Québec, qui a préféré ne pas être nommée, a souri en voyant le logo de Samuel Larouche et n’a pas hésité à le partager. «Ça va peut-être sensibiliser les gens au respect et à penser à la façon dont ils nous parlent».


« On est des serveurs, mais on n’est pas leurs serviteurs »
Une serveuse dans une pizzéria de la région de Québec

Dans la foulée de sa publication, M. Larouche a demandé à ses abonnés sur Instagram si d’autres phrases leur faisaient grincer des dents. Certains ont exprimé leur ras-le-bol de l’absence fréquente du «s’il vous plait» et du «merci» ; d’autres ont déploré les clients qui apostrophent les serveuses en leur disant «ma belle» ou en leur demandant «pourquoi tu ne souris pas?»

François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales à l’Association Restauration Québec, note que, ces jours-ci, «l’enjeu qui est porté à nos oreilles, c’est davantage le comportement de la clientèle à qui on demande une preuve de résidence, à qui on demande de porter le masque».

Globalement, la réouverture se passe bien en zone orange, indique-t-il. Mais «il y a toujours des clients qui sont moins collaborateurs que les autres, qui remettent toujours en question les règles».

Professeur à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et chercheur spécialisé en intégration du numérique en éducation (UQAM), Stéphane Villeneuve explique que la diffusion de messages de sensibilisation sur les médias sociaux, comme celui qu’a créé Samuel Larouche, peut contribuer à faire réfléchir et à changer de petites habitudes.

Mais «si on met un message un certain temps et qu’après on l’oublie, les habitudes reviennent, dit-il. Il faut taper sur le clou de façon régulière».