Marcela Gomez a dû partir en cavale pendant un an et demi après que le père de sa fille ait dénoncé la position d’un commandant des Forces armées révolutionnaires de Colombie, la principale guérilla communiste qui était impliquée dans le conflit armé colombien.

Traquée par les FARC: «Ils veulent me retrouver»

Marcela Gomez a vécu dans une peur constante en Colombie avant de se retrouver à Sherbrooke il y a cinq ans. Elle a dû partir en cavale pendant un an et demi après que le père de sa fille ait dénoncé la position d’un commandant des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), la principale guérilla communiste qui était impliquée dans le conflit armé colombien.

« Il a été forcé d’accueillir les forces armées FARC dans sa ferme et il n’était pas d’accord parce qu’il avait très peur. C’est pour ça qu’il les a dénoncés », indique Mme Gomez, que La Tribune a rencontrée chez elle à Sherbrooke.

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Il s’est sauvé à Cartago, une ville d’environ 150 000 habitants à l’ouest du pays, et c’est là qu’il a rencontré Marcela Gomez. Le couple a eu une fille, Camila. Les FARC ont toutefois retrouvé la jeune famille.

« Ils ont tué sa sœur et son frère, relate Mme Gomez. On est parti en campagne pour se cacher, mais il a été victime d’une attaque. Il est resté à l’hôpital deux semaines, il a quitté avant son congé et on s’est promené un peu partout en Colombie pendant un an et demi. Ma fille avait un an à ce moment-là. On avait très peur. »

La jeune famille a alors décidé en 2008 de traverser la frontière jusqu’en Équateur pour demander l’asile.

« Ils nous ont retrouvés même en Équateur, lance-t-elle. Le père de ma fille nous a laissées seules parce qu’il se disait qu’on était en danger à cause de lui. J’ai demandé l’asile toute seule et c’est pour ça que je suis ici. Il n’est pas en Colombie ni en Équateur, mais je ne veux pas dire où il est en ce moment. »

Une famille en danger

C’est à cause de cette histoire que Mme Gomez estime que sa mère et sa sœur, ainsi que les deux enfants de cette dernière, seront en danger si elles retournent en Colombie. Rappelons que Patricia Cardona, sa fille Estefania et les deux enfants de cette dernière, Didier et Alison, devront quitter le pays le 4 août si rien ne change dans leur dossier puisque leur demande de réfugié a été refusée il y a trois mois.

« Ils veulent me retrouver, soutient Marcela Gomez. Ils savent que ma famille a demandé l’asile dans un autre pays. Ils ont déjà essayé d’enlever les enfants de ma sœur Estefania, mais ils n’ont pas réussi. Ma sœur ne voulait pas dire où je me trouvais. Je sais que si je retourne en Colombie, ils vont me faire quelque chose. Ils ne sont pas capables de trouver le père de ma fille et ils pensent que s’ils me trouvent, ils vont le trouver. »

Mme Gomez estime toutefois être parfaitement en sécurité depuis son arrivée à Sherbrooke.

« Je n’ai jamais eu peur depuis que je suis ici, avoue-t-elle. Je peux dormir tranquille. Parfois j’ai des attaques de panique, mais c’est normal. Je peux marcher en sécurité ou aller au parc avec mes enfants. »

Une pétition 

La famille Cardona a d’ailleurs lancé une pétition qui demande au gouvernement de réévaluer sa position. À noter que la famille sera présente à une vigile devant le palais de justice de Sherbrooke, vendredi à 18 h ainsi qu’à la fête de l’indépendance de la Colombie qui se déroulera samedi au parc Belvédère pour ceux qui voudraient apposer leur nom à la pétition.