La mairesse de Montréal, Valérie Plante, refuse de mettre les ctioyens et les villes en compétition et invite le gouvernement à puiser dans ses surplus pour financer les projets de transport en commun.

Transport en commun: Plante et Pedneaud-Jobin refusent la «chicane»

Les maires de Montréal et Gatineau, Valérie Plante et Maxime Pedneaud-Jobin, refusent d’embarquer dans une «chicane» avec la Ville de Québec pour le financement du transport en commun et invitent le gouvernement du Québec à puiser dans ses surplus pour financer les projets montréalais, mais aussi le train sur rail léger de Gatineau et le tramway de Québec.

«Ça ne m’intéresse absolument pas que nous nous “chicanions” entre nous. Pour nous, il n’est pas question de mettre les citoyens et les villes en compétition. Moi, ça ne m’intéresse pas d’embarquer là-dedans», a déclaré Mme Plante vendredi en marge d’une réunion du conseil d’administration de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) au Centre des congrès de Lévis. 

Pas moins

Mme Plante réagissait aux inquiétudes manifestées par le maire de Québec, Régis Labeaume, qui craignait de voir Montréal accaparer une bonne part des 5,2 milliards $ réservés par le gouvernement du Canada pour les projets de transport en commun au Québec. «Il faudra que les gouvernements mettent davantage d’argent, car c’est sûr que nous, on n’en prendra pas moins», indique la mairesse Plante, rappelant que le métro de Montréal avait besoin d’argent notamment pour le prolongement de la ligne bleue et le désengorgement de la ligne orange.

«Il faudra faire preuve de créativité, il faudra changer le paradigme parce que les projets de transport collectif sont pertinents partout. On ne veut pas minimiser les projets de plus petite envergure», reprend Mme Plante, ajoutant cependant que les critères établis par le gouvernement canadien pour financer les projets de transport en commun sont «pertinents». La notion de densité et la fréquentation sont quand même des critères importants», poursuit-elle toutefois.

«Nous allons continuer à militer pour que le gouvernement fasse ce qu’il a dit qu’il allait faire. Oui, j’ai parlé à Régis Labeaume et on travaille très fort pour demander plus d’argent, pas pour être en compétition. On le fait déjà à la Communauté métropolitaine de Montréal, ne pas se mettre en compétition les uns contre les autres et on veut le faire à la grandeur du Québec.»

Surplus 

Valérie Plante rappelle que le gouvernement du Québec a «entre trois et cinq milliards $» de surplus en plus des sommes contenues dans le Fonds vert. «C’est un surplus record, alors on s’attend à ce que le gouvernement pose un geste fort en matière de transport collectif.»

Quant au maire Pedneaud-Jobin, qui ne semblait pas vouloir non plus se placer en compétition avec la capitale et la métropole, il a tout de même manifesté certaines inquiétudes quant au financement de son propre projet de train sur rail léger.

«Oui, on est inquiets, surtout qu’on a déjà commencé à dépenser avec 2 millions $ pour des études. Il ne faut pas que le programme influence la réalité, il faut plutôt que la réalité influence le programme. Et la réalité, c’est que trois pôles urbains ont des besoins urgents (en matière de transport en commun). On ne peut tout simplement pas dire aux trois grandes villes d’attendre 10 ans. Globalement, il faudra donc plus d’argent. Je ne ferai tout de même pas un demi-train et Mme Plante ne fera tout de même pas une demi-ligne bleue!»

Le président de l’UMQ et maire de Drummondville, Alexandre Cusson, a pour sa part déclaré en point de presse qu’il souhaitait voir des projets de transport en commun se développer partout au Québec. 

Il verrait d’ailleurs très bien le gouvernement du Québec consacrer une plus grande part du Fonds Vert au transport en commun. «L’éparpillement des mesures doit cesser et il faut se concentrer sur ce qui marche, et ce qui marche, c’est le transport en commun», a-t-il déclaré, ajoutant qu’il ne souhaitait pas voir des villes perdre leurs projets de transport en commun pour que Québec ait le sien. «Il y a des projets dans les grandes villes, mais il y en a aussi ailleurs.»