Tom Néron, qui est accusé du meurtre au deuxième degré de sa mère Arlène Girard, était de retour au palais de justice de Sherbrooke mardi.

Tom Néron: l’avis d’un troisième psychiatre judiciaire est demandé

L’avis d’un troisième psychiatre judiciaire sera déterminant dans la tenue ou non d’un procès pour meurtre dans le dossier de Tom Néron.

L’individu de 35 ans est accusé du meurtre au deuxième degré de sa mère Arlène Girard, commis sur la rue du Paillard dans le secteur de Rock Forest, le 8 janvier dernier.

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La procureure aux poursuites criminelles, Me Émilie Baril-Côté, a annoncé au juge Charles Ouellet de la Cour supérieure, mardi, qu’elle entendait soumettre le dossier à la psychiatre judiciaire Dre France Proulx de l’Institut Philippe-Pinel à Montréal.

Cet expert prendra connaissance de la preuve et des expertises des deux premiers psychiatres qui ont évalué Tom Néron avant de tirer des conclusions.

« La position de la poursuite se prendra en fonction des conclusions de ce troisième expert. Ce rapport sera prêt en janvier. Si elle en vient à la même conclusion, il n’y aura pas de procès. Sinon, ce sera un débat d’experts », explique la procureure aux poursuites criminelles, Me Émilie Baril-Côté.

Les psychiatres judiciaires Dre Martine Bérubé et Dre Karine Forget du CHUS ont déjà remis des rapports psychiatriques dans le dossier à la suite d’évaluations. L’avocat de la défense Me Marc-André Champagne de l’aide juridique analyse de la pertinence à consentir à cette contre-expertise.

« Deux experts avaient été nommés par le tribunal. Avoir un troisième psychiatre, est-ce vraiment nécessaire? », soulève Me Champagne qui ne consent pas pour le moment à ce que Tom Néron soit évalué par un troisième psychiatre.

Me Champagne affirme que sa défense est claire. Il réclame que Tom Néron soit reconnu non criminellement responsable pour troubles mentaux en vertu de l’article 16 du Code criminel.

Si un procès doit se dérouler, il aura lieu lors des semaines du 8 et du 15 avril 2019 au palais de justice de Sherbrooke.

La défense a affirmé être prête à faire plusieurs admissions dans le dossier. S’il y a tenue d’un procès, ce sera un débat d’experts devant un juge seul de la Cour supérieure.

Déjà des expertises

En mai dernier, Tom Néron avait été déclaré inapte à subir son procès par le tribunal. Après sa détention en psychiatrie, le corps médical a trouvé un médicament en Europe qui a permis que Tom Néron devienne apte en juillet.

Il doit cependant continuer à prendre cette médication pour que soit maintenue son aptitude à faire face au processus judiciaire.

Tom Néron a subi une évaluation sur la responsabilité criminelle après qu’il ait asséné des coups de couteau mortels à sa mère. Cette évaluation avait été demandée conjointement par la défense et la poursuite à la suite du dépôt des accusations. Elle concluait à sa non-responsabilité criminelle au moment des faits.

C’est en procédant à l’évaluation psychiatrique de Tom Néron relativement à sa responsabilité criminelle au moment des gestes que la psychiatre judiciaire a pu déterminer la psychose non contrôlée de Tom Néron.

Selon la psychiatre, Tom Néron présentait des symptômes de psychose, soit des délires religieux.

Il avait des besoins de lire plusieurs bibles pour les comparer, pour comparer les religions. Son délire s’est étendu à l’Hôtel-Dieu où on l’a évalué et où il avait des suivis. Il pense comme si l’hôpital allait le transformer, le changer. Il craint que l’hôpital le transforme en fanatique religieux. Le lien entre l’hôpital et ses délires est le nom de l’hôpital, Hôtel-Dieu.

Tom Néron est diagnostiqué de schizophrénie depuis une dizaine d’années. Il a été évalué de la mi-février à la mi-avril à la demande du tribunal sur son aptitude au moment des gestes allégués.

Arlène Girard était mère de dix enfants et Tom Néron était l’aîné.