Le toit du commerce kenny U-Pull s’est effondré vers 13 h 15, samedi.

Toitures enneigées: «ne prenez pas de chance»

Trois-Rivières — Le toit de deux autres bâtiments s’est effondré dans la région au cours de la fin de semaine. Après celle de l’entreprise Kenny U-Pull, samedi, à Trois-Rivières, c’était au tour de la toiture de l’ancien garage municipal du secteur Grand-Mère de s’écrouler, dimanche matin.

Peu après 9 h, des employés municipaux ont été envoyés au bâtiment situé sur la 1re Avenue pour s’assurer que personne ne s’y aventure. Des photos du sinistre montrent des véhicules de la Ville de Shawinigan ensevelis sous les décombres de l’ancien garage municipal reconverti en entrepôt depuis 2012. On ignore toutefois l’ampleur des dégâts.

Les pompiers craignaient que quelqu’un soit resté prisonnier des décombres de l’entreprise, samedi.

«Oui, on avait du matériel à l’intérieur, mais on ne peut pas entrer pour le moment, indique François St-Onge, directeur des communications à la Ville de Shawinigan. Un ingénieur du bâtiment va venir demain (lundi) et nous dira si on peut entrer de manière sécuritaire.»

On ne rapporte heureusement aucun blessé, puisque personne ne se trouvait dans l’édifice lorsque l’effondrement est survenu, précise M. St-Onge. La cause de cet incident reste encore à confirmer.

Des pompiers et des secouristes bénévoles ont passé de nombreuses heures à fouiller les décombres de l’entreprise kenny U-Pull, sur le boulevard Saint-Michel.

«On en saura probablement plus lorsque l’ingénieur en bâtiment sera passé, mais j’ai vu des photos et il ne semblait pas y avoir énormément de neige sur le toit», ajoute le directeur des communications.

«Moins cher que de reconstruire»

Avec les abondantes précipitations de neige, de pluie et de verglas et les grandes variations de température connues cet hiver, les toits des résidences, commerces et industries doivent supporter un poids particulièrement élevé, ce qui augmente le risque qu’ils s’effondrent, rappelle la Sécurité civile.

Des débris sont tombés sur les voitures stationnées devant le commerce de Trois-Rivières.

«C’est la responsabilité de chaque propriétaire de déneiger sa toiture, insiste Sébastien Doire, directeur régional de la Sécurité civile. On demande aux gens: si vous avez un doute, ne prenez pas de chance. Déneigez votre toiture ou faites-la déneiger par des spécialistes. Ça coûte moins cher de déneiger que de reconstruire, sans compter les vies que ça peut mettre en danger.»

M. Doire invite par ailleurs les propriétaires à ne pas tarder avant de prendre les mesures appropriées, puisqu’une autre chute de neige est annoncée jeudi.

Soulagement à Trois-Rivières

À Trois-Rivières, samedi, c’est le toit de l’entreprise Kenny U-Pull du boulevard Saint-Michel qui s’est effondré. Les pompiers de Trois-Rivières ont été appelés sur place vers 13 h15 et ont mené des opérations de recherche pendant de longues heures, craignant qu’un client du commerce soit coincé dans les débris. L’état d’alerte a finalement été levé vers 21 h, après que les pompiers soient assurés, en visionnant les images de surveillance de l’entreprise, que personne n’était prisonnier des décombres.

«On peut dire que le pire a été évité», a souligné Dany Cloutier, directeur de la sécurité incendie et de la sécurité civile de la Ville de Trois-Rivières.

Une partie du toit de l’ancien garage municipal de Grand-Mère s’est effondrée dimanche.

Une vingtaine de pompiers de Trois-Rivières ont été mobilisés pour ces recherches. Ils ont été épaulés par quatre maîtres-chiens de l’Association québécoise des bénévoles en recherche et sauvetage (AQBRS), soutenus par la Sécurité civile. Onze techniciens spécialisés dans ce type d’intervention ont également été envoyés par le Service de sécurité incendie de Montréal.

Sébastien Doire, qui était présent sur les lieux samedi soir, a d’ailleurs tenu à saluer «l’excellent travail des pompiers» de Trois-Rivières.

Plusieurs véhicules de la Ville de Shawinigan ont été ensevelis dans les débris, dimanche.

Au lendemain de l’effondrement, l’accès au site a été interdit, tant aux curieux qu’aux employés. Six véhicules sont toujours stationnés devant le bâtiment, dont cinq ont reçu des débris au cours du sinistre. Selon un agent de sécurité posté sur place, des personnes se sont présentées dimanche pour récupérer leur voiture, ce qui était toutefois impossible. En plus de la présence de débris, la partie du bâtiment qui n’a pas été détruite est toujours à risque de s’écrouler. Une épaisse couche de neige est toujours visible sur cette seconde partie du toit.

Il semblerait également que des malfaiteurs aient tenté de s’introduire dans la cour, où sont entreposés les véhicules dont on peut habituellement récupérer et acheter les pièces, en escaladant les bancs de neige autour du commerce. Ils n’auraient cependant rien pu voler, selon l’agent de sécurité.

Cinq effondrements cet hiver

Les événements de la fin de semaine portent à cinq le nombre d’incidents de cette nature survenus cet hiver dans la région. Jeudi dernier, la toiture du garage municipal de Notre-Dame-du-Mont-Carmel a cédé sous le poids de la neige. À la fin janvier, l’abri à gravier de Saint-Élie-de-Caxton s’est écroulé pour les mêmes raisons. Une ferme porcine du secteur Gentilly, à Bécancour, a subi le même sort récemment, selon la Sécurité civile.

Aucun de ces événements n’a fait de blessés, heureusement.

Ailleurs au Québec, de telles situations se sont aussi multipliées ces derniers jours. Le toit d’un édifice abritant des logements et une boucherie s’est écroulé samedi soir, à Saint-Jérôme. Personne n’a été blessé, mais six personnes ont dû être relocalisées. Samedi également, un aréna de Québec a été évacué de manière préventive en raison de la chute de morceaux d’une poutre. Vendredi, l’effondrement du toit d’un supermarché de Lévis a fait deux blessés.

Avec La Presse Canadienne