La toile Saint Jérôme entendant les trompettes du Jugement dernier de Jacques-Louis David (1748-1825) a été léguée au Séminaire de Québec en 1922.

Tableau du Saint Jérôme: le Musée de la civilisation confiant

Le Musée de la civilisation se dit confiant d’en arriver à une entente avec la Fabrique Notre-Dame de Québec afin de se porter acquéreur du fameux tableau «Saint Jérôme entendant les trompettes du Jugement dernier», dans la foulée de la décision du ministère de la Culture et des Communications de classer l’œuvre bien patrimonial.

La toile de Jacques-Louis David, réalisée à Rome en 1779 et offerte un siècle et demi plus tard à l’archevêché de Québec, a fait l’objet d’une controverse, l’an dernier, lorsque le Musée des beaux-arts du Canada, à Ottawa, avait manifesté son désir d’en devenir propriétaire. Le gouvernement libéral de l’époque avait alors publié un avis d’intention de classement qui a connu son dénouement lundi, à l’occasion de l’étude des crédits budgétaires par la ministre Nathalie Roy.

«C’est officiel, le fameux tableau a reçu son classement et donc sa protection patrimoniale. Il va maintenant être extrêmement difficile de le sortir du Québec et du Canada», se réjouit le directeur-général du Musée de la civilisation, Stéphan La Roche. «Des œuvres de cette qualité, il n’y a pas tant que ça à Québec et au Québec, d’où l’importance, ajoute-t-il, de le conserver au nom du patrimoine collectif.

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Depuis plus d’un an, l’établissement du Vieux-Port est en contact avec la Fabrique Notre-Dame, en collaboration avec le Musée des beaux-arts de Montréal, dans le but de devenir propriétaire du tableau. «Des discussions constructives et très positives, affirme M. La Roche. On s’est donné encore quelques mois. Nous sommes censés nous revoir d’ici la fin du printemps.»

De l’avis du directeur-général, l’acquisition du tableau viendrait «enrichir énormément et compléter» l’inventaire du futur musée du Séminaire de Québec, puisque les sœurs Cramail, propriétaires du Saint Jérôme jusqu’en 1922, ont légué leur entière collection à l’institution du Vieux-Québec.

Le directeur-général s’est refusé à avancer un chiffre pour le prix d’acquisition, se contentant de dire qu’il s’agit d’«un montant important». L’an dernier, le tableau avait été mis sur le marché par la fabrique au coût de 6,3 millions$.

Il est encore trop tôt de déterminer, advenant un accord, comment se déroulera le partage de propriété du Saint Jérôme entre le Musée de la civilisation et le Musée des beaux-arts de Montréal. M. La Roche avance l’idée d’un concept où l’oeuvre serait exposée en alternance entre les deux établissements, à l’image d’une entente similaire entre le musée du Louvre et des institutions néerlandaises pour des tableaux de Rembrandt.