L'organisme estime de plus qu'un investissement substantiel est nécessaire pour combler un manque à gagner de 5 à 7 milliards $ dans le réseau, depuis l'arrivée du gouvernement Couillard.

Surcharge en santé: une campagne pour accentuer la pression sur l'État

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) lance ce dimanche la campagne Assez?! Personnel surchargé, dont le but est d'augmenter la pression sur le gouvernement pour identifier des solutions concrètes aux problèmes de surcharge, de pénurie et d'épuisement professionnel dans le réseau de la santé et des services sociaux.

Une série de témoignages se sont succédés dans le domaine au cours des dernières semaines pour sommer l'État québécois de réinvestir maintenant dans le réseau. Malgré toutes ces sorties publiques, le ministère refuserait tout simplement de mettre en application des solutions porteuses, plaide l'organisme. 

«C’est ce qui ressort de la rencontre avec le ministre Barrette et du dernier budget du Québec. On n’inclut pas de réinvestissement suffisant pour répondre à la détresse du personnel», plaide le groupe dans une missive envoyée aux médias.

Le président de la FSSS-CSN, Jeff Begley, estime qu'il est maintenant temps de passer à l'action, face à une inaction gouvernementale qui ne mène nul part selon lui. 

«Je fais le tour des établissements du réseau et je le vois : le personnel est déçu que le gouvernement ne les écoute pas. La réforme hypercentralisée du ministre Barrette est à mettre au banc des accusés. Tant et aussi longtemps que le Dr Barrette continuera de dire que tout va bien dans le meilleur des mondes, nous allons devoir continuer de nous mobiliser», indique-t-il. 

Des idées

Plus qu'une vague d'indignations, la campagne souhaite aussi apporter des solutions concrètes au débat, en informant la population et la sphère politique des avenues potentielles à explorer.

Pour mettre un terme à la détresse du personnel, le groupe imagine effectivement plusieurs manières de faire. La première d'entre elles consiste en la mise en place d'un comité d'examen de la réforme Barrette, qui pourra se pencher sur «l’organisation du réseau et la charge de travail du personnel», explique-t-on.

L'organisme estime de plus qu'un investissement substantiel est nécessaire pour combler un manque à gagner de 5 à 7 milliards $ dans le réseau, depuis l'arrivée du gouvernement Couillard. 

Plus globalement, il faudrait «adopter un regard global riche des points de vue de tous les intervenants du réseau», ajoute la FSSS-CSN. 

Cela signifie notamment de mener les négociations locales à plus de stabilité, à une meilleure conciliation famille-travail-études (CFTÉ) et à moins de précarité au travail. Le ministre Barrette s’est d'ailleurs engagé à faire avancer ces discussions, plus tôt cette semaine.

«Il y a de quoi être préoccupé par l’état de détresse du personnel du réseau. On ne peut pas rester les bras croisés», plaide pour sa part le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

Il ajoute que les solutions de son groupe reposent en bonne partie sur l'implication et la valorisation du personnel. «La campagne qui est lancée aujourd’hui est un moyen de plus de faire comprendre au gouvernement Couillard qu’il ne peut plus nier l’épuisement professionnel et qu’il faut s’y attaquer de toute urgence», conclut-il. 

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