Super infirmières: le collège des médecins publie un guide «pour un partenariat réussi»

Deux jours après la sortie de la ministre Danielle McCann, qui veut donner plus d’autonomie aux infirmières praticiennes spécialisées (IPS) en leur permettant notamment de poser des diagnostics, le Collège des médecins du Québec (CMQ) a publié le guide Pour un partenariat réussi MD-IPS à l’intention du médecin. Et dans lequel il renforce l’essentiel de ses positions.

Selon ce qu’a affirmé le Collège au magazine spécialisé Profession santé, «c’est un hasard si le guide a été publié deux jours après la sortie publique de la ministre McCann». 

Et que disent ces fameuses lignes directrices? Elles différencient notamment les rôles de l’IPS et du médecin. Ainsi, l’IPS procède à «une évaluation avancée de l’état du patient», alors que le médecin procède à «l’évaluation médicale». L’IPS émet «des hypothèses» et communique «ses impressions cliniques», alors que le médecin établit «le diagnostic et les diagnostics préférentiels». Enfin, l’IPS détermine «les interventions thérapeutiques appropriées dans sa classe de spécialité», tandis que le médecin établit «le plan de traitement médical». 

Le guide du CMQ précise également que le médecin partenaire de l’IPS n’est pas responsable des activités médicales exercées par l’IPS. «L’IPS est pleinement imputable des gestes qu’elle pose. Le médecin ne peut être tenu responsable des gestes posés par l’IPS.»

Par contre, souligne le Collège, le médecin partenaire doit exercer «une surveillance générale de la qualité et de la pertinence des activités médicales de l’IPS». «La surveillance du médecin partenaire vise les activités médicales effectuées dans le cadre du partenariat. La surveillance […] s’apparente» à celle du chef de département envers les membres de son département, illustre le CMQ.

Cette surveillance générale comporte notamment «la sélection et la révision de dossiers de l’IPS par le médecin partenaire en vue de l’évaluation de la qualité et de la pertinence des activités médicales qu’elle exerce» et «l’évaluation de la prescription de médicaments, d’analyses et d’examens diagnostiques». 

Pas de la supervision

Le Collège fait une distinction entre «surveillance» et «supervision». Il explique qu’il ne s’agit pas pour le médecin de superviser l’IPS et de «répondre des gestes qu’elle pose dans son champ de compétence». «De plus, cette surveillance générale n’implique pas une présence sur place et n’engage pas la responsabilité du médecin au même titre que lorsqu’il agit comme superviseur pour un étudiant en médecine», par exemple.

À la fin de son guide, le Collège y va des «pièges à éviter» : «suivre la clientèle en silo», «comparer le rôle de l’IPS à celui d’un résident», «complexifier les processus», «superviser plutôt que collaborer» et «considérer que les avantages financiers sont le seul incitatif à collaborer», entre autres. 

Dans la foulée de la sortie de la ministre McCann, tant le Collège des médecins que la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec ont réitéré leur opposition à l’idée que les IPS puissent poser des diagnostics, estimant que seuls les médecins sont habiletés à le faire. 

«Le Collège est d’accord pour intensifier la collaboration interprofessionnelle dans le respect des compétences de tous […]. Mais on n’ira pas jusqu’à prôner l’autonomie complète des IPS», particulièrement en ce qui concerne la pose de diagnostic, a déclaré au Soleil le président du CMQ, le Dr Mauril Gaudreault.

Les IPS québécoises sont les seules au pays à ne pas pouvoir poser des diagnostics, même si leur formation est plus longue que celle de leurs consœurs canadiennes.