Nathalie Gouin

S'outiller pour guérir le cancer

Le 2 décembre 2010, on annonce à Nathalie Gouin qu’elle a un cancer du côlon. Un cancer avancé qu’on croit généralisé. Elle a alors 36 ans et est mère de trois enfants âgés de 3, 8 et 9 ans. Nathalie a perdu son père par noyade quand elle avait 11 ans. Lui en avait... 36. La dernière chose qu’elle souhaite est que ses enfants grandissent en l’absence d’un parent, elle qui a tant souffert du départ prématuré de son père.

« Après le décès de mon père, je suis restée avec ma mère et ma petite sœur et j’ai vite endossé le rôle de deuxième parent. Je suis devenue adulte à 11 ans. Je suis devenue très responsable et je me suis renfermée. J’ai beaucoup souffert en silence », se souvient la Sherbrookoise.

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Elle avait les symptômes d’un cancer du côlon, mais son médecin de famille n’y croyait pas vraiment. Les risques pour une femme de 36 ans d’avoir un cancer du côlon sont statistiquement très faibles. Pourtant le diagnostic est confirmé. Et il est urgent d’agir. « On a fait en 24 heures ce qui se fait normalement en trois semaines. J’ai commencé la chimiothérapie et la radiothérapie. Heureusement le cancer était localisé et non généralisé. Mais on a quand même dû m’opérer le 26 mars 2011 », raconte l’ancienne enseignante au primaire et au préscolaire qui se réveille, après la chirurgie, avec une stomie.

Nathalie n’est pas au bout de ses peines. Loin de là. « J’ai eu toutes les complications inimaginables, ce qui m’a obligée à être hospitalisée pendant 49 jours consécutifs. Et une semaine après ma sortie de l’hôpital, on m’annonçait que j’avais un deuxième cancer. Celui de la glande thyroïde. »

Les médecins doivent alors modifier le traitement du premier cancer pour permettre le traitement du second. « C’était deux cancers indépendants qui ne se traitaient pas du tout de la même façon. »

En mai 2011, les chirurgiens l’opèrent à la glande thyroïde. En février 2012, une autre intervention chirurgicale est nécessaire pour reconnecter son intestin et lui permettre de se débarrasser du sac qui était lié à son intestin. La réadaptation et la rééducation commencent. Elles dureront plusieurs mois.

Près de huit ans après le diagnostic, Nathalie considère qu’elle a une vie normale. « Je ne suis pas comme avant, mais je suis allée au-delà de ce qu’on m’avait annoncé que serait ma vie après la maladie. » Elle a fait le deuil de l’enseignement et travaille maintenant comme consultante.


« Une chose que j’ai apprise avec la maladie, c’est que même si j’étais bien entourée, j’étais seule dans ma barque. »
Nathalie Gouin

Sa guérison, elle la doit à un gigantesque réseau de soutien. Des collègues, des amis, la famille qui ont cuisiné pour elle et les siens ou qui ont transporté ici et là ses trois enfants. Elle attribue aussi sa victoire sur les cancers aux outils qu’elle est allée chercher en complément des soins médicaux. Reiki, hypnose, méditation, relaxation, visualisation.

« Une chose que j’ai apprise avec la maladie, c’est que même si j’étais bien entourée, j’étais seule dans ma barque. C’est moi qui avais le cancer. Et je devais m’occuper de moi. Je fais souvent le parallèle avec les instructions qu’on nous donne dans l’avion. On dit aux passagers de mettre leur masque avant celui de son enfant en cas de catastrophe. C’est la même chose. Je suis allée me chercher des outils. Je les ai utilisés pour moi et après je les ai utilisés pour aider mes enfants et mon conjoint à passer au travers », explique la mère de famille qui a maintenant 44 ans.

Le cancer l’a changée. Et elle aime ce qu’elle est devenue. « Je crois profondément que tout est possible et que peu importe les épreuves de la vie, nous avons tous cette force, ce pouvoir intérieur, qui nous permet d’accéder à toutes les possibilités », estime-t-elle. 

Un visage parmi d’autres

Nathalie Gouin est l’un des visages de la Fondation du CHUS qui décorent les portes des ascenseurs du CIUSSS de l’Estrie CHUS. Et raconter son histoire est une façon de remercier la Fondation du CHUS pour les outils fournis par cette dernière au cours de son combat contre ses cancers.

Rappelons que la 7e édition d’Au cœur de la vie, animée par Jean-François Breau, aura lieu le vendredi 16 novembre de 19 h à 21 h sur ICI Radio-Canada Télé. Cette année, l’émission sera entièrement diffusée en direct du Carrefour de l’Estrie.

Mettant à profit la télé, la radio, le web et les réseaux sociaux de Radio-Canada Estrie, Au cœur de la vie est la soirée médiatique annuelle au profit de la Fondation du CHUS.

Chanteront en direct Caracol, Arthur l’aventurier, Auguste, King Melrose, Pascal Allard et Jean-François Breau.

Des reportages préparés ces derniers mois permettront de découvrir d’autres histoires bouleversantes. Celle de la petite Odélie, 3 ans, qui a défié un cancer des os rare, d’Olivier, 11 ans, qui apprend à apprivoiser ses troubles anxieux, ou encore d’Audrey et d’Édouard qui ont subi des accidents graves et des traumatismes crâniens sévères.