La députée sortante du NPD, Ruth Ellen Brosseau.

Sondage Mainstreet–Le Nouvelliste: Ruth Ellen Brosseau en avance

LOUISEVILLE — Selon un sondage Mainstreet mené le 26 septembre dernier, la députée sortante du NPD, Ruth Ellen Brosseau, conserverait la circonscription de Berthier-Maskinongé devant le candidat du Bloc québécois, Yves Perron.

En effet, à la question «Si l’élection fédérale avait lieu aujourd’hui, pour quel candidat voteriez-vous?», 35,5 % des 600 personnes interrogées ont répondu qu’elles voteraient pour la représentante néodémocrate alors que 27,8 % des répondants se sont exprimés en faveur de son rival bloquiste.

«Je prends tout le temps les sondages avec un grain de sel. Je me rappelle de mon expérience de l’élection de 2015. C’est sûr que je me réjouis, c’est réconfortant d’entendre que je suis en première place. C’est une bonne nouvelle, mais il faut toujours être prudent parce que la campagne n’est pas finie», a commenté la meneuse.

Selon elle, ce résultat reflète ce qu’elle entend sur le terrain. «Depuis huit ans, je suis une députée proche des gens, tout le temps la porte ouverte, à leur rencontre. Pendant la campagne, dans le porte-à-porte et les activités, les commentaires sont encore vraiment positifs. Il nous reste 18 jours. On entend continuer à faire une campagne positive en parlant des enjeux, des priorités locales. C’est rassurant, je me réjouis, mais il reste encore beaucoup de travail à faire. Ce n’est pas fini, on a le vote par anticipation qui commence la semaine prochaine, on a une équipe de bénévoles mobilisée, formée, prête à sortir le vote. On a encore le 21, le Jour J en tête», ajoute la députée néodémocrate.

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Le candidat du Bloc québécois, Yves Perron.

Deuxième, Yves Perron souligne qu’il ne s’agit que d’un sondage. «C’est ma deuxième campagne. J’ai eu des sondages en 2015 qui me mettaient gagnant et je n’ai pas gagné. On se garde une gêne», fait-il remarquer.

Du même souffle, le candidat bloquiste parle d’un «sondage qui date». «On a eu un excellent débat mercredi. Le sondage a été fait un petit peu trop tôt. Depuis ce temps-là, ça a bougé. Et même si j’avais été premier, on ne prend rien pour acquis. On travaille sans relâche jusqu’à la fin. Sur le terrain, le pouls est très bon. Les gens sont vraiment contents de nous voir et disent qu’ils vont nous appuyer», affirme-t-il.

Celui-ci se dit étonné du pourcentage attribué à sa rivale du NPD. «Il n’y a personne d’invincible. L’élection du mois d’octobre dernier nous a prouvé qu’il y a bien des choses qui peuvent changer dans une élection et on va être là, fidèle au poste. Moi, j’espère avoir le privilège de servir les gens de Berthier-Maskinongé. On va leur faire confiance pour avoir une voix du Québec qui parle toujours pour le Québec sans compromis, qui va défendre aussi le français, notre laïcité, la vision d’avenir de la nation québécoise», plaide M. Perron.

«Le fait qu’elle soit en avance, une avance qui n’est pas insurmontable, mais quand même confortable sur le Bloc québécois, c’est exceptionnel en soi. Il y a vraiment quelque chose d’intéressant dans cette circonscription-là. On est vraiment dans une lutte à deux entre le NPD et le Bloc québécois. Mme Brosseau a 7,7 points d’avance sur le Bloc au moment où on se parle», a indiqué le président de la firme Mainstreet pour le Québec, Luc Fortin.

La candidate du Parti libéral du Canada, Christine Poirier.

Contrairement aux sondages réalisés précédemment, les électeurs étaient questionnés cette fois sur le candidat et non sur le parti politique. «C’est ce qu’on fait maintenant. En début de campagne, évidemment, il y a moins de candidats désignés, alors en termes d’équité entre les partis, on ne pouvait pas nommer des candidats. Mais comme la période de mise en candidature est terminée et que la plupart des partis ont désigné leur candidat par la force des choses, alors, là maintenant, on nomme les candidats et seulement ceux des six principaux partis qui vont être au débat des chefs», explique-t-il.

Si les intentions de vote exprimées dans ce sondage devaient se concrétiser le 21 octobre, Ruth Ellen Brosseau remporterait une troisième victoire, et ce, grâce à un appui majoritaire tant de la part des hommes (33,2 %) que des femmes (37,7 %). Chez les 35-49 ans, elle va même chercher 45,8 % des voix, dominant d’ailleurs dans tous les groupes d’âge.

Toujours selon ce même coup de sonde, la candidate libérale Christine Poirier arrive troisième, à 16,1 %, devançant son opposante conservatrice, Josée Bélanger, à 14,6 %. En cinquième place, le candidat du Parti vert du Canada ne récolte que 2,3 %. Et le représentant du Parti populaire du Canada, Luc Massé, à 1,8 %, se retrouve même derrière «autre candidat» (1,9 %).

«Ça donne des résultats intéressants, mais il faut mettre les choses en perspective. Il faut quand même rappeler que Mme Brosseau avait eu une forte majorité en 2015, soit 42,2 % des votes, alors que son parti au Québec en avait obtenu 25,4 %. On s’attendait à ce qu’elle performe mieux que ses collègues néodémocrates, quand on voit la tendance pour le NPD qui n’est pas très favorable, que ce soit au Québec ou au Canada», signale M. Fortin. «Dans toutes les circonscriptions qu’on a sondées jusqu’à présent, notamment au Québec, son score qu’elle obtient pour le NPD est le meilleur», renchérit-il.

La candidate du Parti conservateur du Canada, Josée Bélanger.

D’ailleurs, alors que normalement, le candidat local, «ça ne joue pas pour beaucoup», Ruth Ellen Brosseau pourrait être l’exception à la règle, comme le fut Julie Boulet dans Laviolette au provincial, croit M. Fortin.

Mais, avec un taux d’indécis de 21,5 % contre une moyenne nationale de 10 %, «ça pourrait bouger d’ici la fin de la campagne dans Berthier-Maskinongé». «Ça va être bien intéressant à suivre jusqu’à la fin», consent M. Fortin.

Au plan de la méthodologie, c’est le 26 septembre 2019 que Mainstreet a sondé un échantillon aléatoire de 600 personnes âgées de 18 ans ou plus et vivant dans la circonscription de Berthier-Maskinongé. Le sondage a été réalisé à partir d’appels faits par réponse vocale interactive. Les répondants du sondage ont été rejoints via une ligne téléphonique terrestre ou cellulaire. Les réponses ont été pondérées statistiquement en utilisant les renseignements démographiques recueillis dans le cadre du recensement de 2016. La marge d’erreur du sondage est de 4 %, à un niveau de confiance de 95 %. Les marges d’erreur augmentent pour chaque sous-ensemble.