Selon le sondage Mainstreet, 76 % des Canadiens et pas moins de 85 % des Québécois se disent d’accord avec l’idée que «les preuves scientifiques montrent clairement que les changements climatiques sont réels et qu’ils sont causés par l’activité humaine».

Sondage Mainstreet: les Québécois ont à cœur l'environnement

Une majorité de Canadiens et les trois quarts des Québécois se disent prêts à faire des sacrifices économiques pour que leurs gouvernements combattent les changements climatiques, d’après un sondage Mainstreet.

Pas moins de 59 % des Canadiens se disent «assez» ou «très» d’accord avec l’énoncé «il est plus important que le gouvernement s’occupe des changements climatiques, même si cela veut dire que l’économie va en souffrir», alors que 34 % se disent en désaccord. Au Québec, on frôle carrément l’unanimité, avec des proportions de 78 % contre seulement 18 %.

Quand on enlève la Belle Province du portrait, le reste du Canada apparaît un peu plus divisé (53 % vs 39 %), mais c’est surtout dû à l’opposition de l’Alberta (34 % vs 61 %) et des Prairies (44 % vs 49 %), soit des provinces productrices de pétrole. En Ontario et en Colombie-Britannique, l’appui à cet énoncé se situe entre 55 et 60 %.

Malgré le fait que les électeurs québécois viennent à peine d’élire un gouvernement caquiste majoritaire — un parti qui s’était justement fait reprocher de ne pas proposer grand-chose en environnement pendant la campagne —, le sondeur de Mainstreet Steven Pinkus n’y voit pas de contradiction. «C’est plus le signe que les élections se sont décidées sur d’autres enjeux, dit-il. Mais Québec solidaire a marqué beaucoup de points sur ce thème-là pendant la campagne. […] Le gouvernement caquiste semble commencer à accepter qu’ils devront agir là-dessus. Et avec des chiffres comme ça, je crois que c’est plus clair que jamais.»

Causé par l’activité humaine

Par ailleurs, 76 % des Canadiens et pas moins de 85 % des Québécois se disent d’accord avec l’idée que «les preuves scientifiques montrent clairement que les changements climatiques sont réels et qu’ils sont causés par l’activité humaine». En fait, même en Alberta, cet énoncé rallie une majorité (56 %).

«C’est assez étonnant de voir jusqu’à quel point les Canadiens acceptent que le réchauffement planétaire est causé par l’activité humaine et jusqu’à quel point ils sont prêts à supporter une charge fiscale pour améliorer la situation. Ce sont des niveaux assez forts», dit M. Pinkus.

Le même sondage a également mesuré des appuis d’environ 50 % pour la taxe sur le carbone que le gouvernement Trudeau entend imposer aux provinces qui n’ont pas déjà de plan pour mettre un prix sur les gaz à effet de serre. Cependant, une forte minorité de 40 % s’y oppose. C’est encore une fois le Québec qui est le plus favorable à ce projet (59 %), mais cette taxe n’aura pas cours ici à cause de la Bourse du carbone déjà en place.

Fait intéressant, hormis les partisans libéraux qui approuvent «assez» ou «fortement» la taxe sur le carbone à hauteur de 76 %, ce sont les néo-démocrates (64 %) qui sont les plus entichés à l’idée, suivis des électeurs verts (60 %). Sans s’y opposer, les bloquistes ne montrent pas un grand enthousiasme (53 %), tandis que les conservateurs (19 %) et les partisans du tout nouveau Parti populaire de Maxime Bernier (18 %) y sont manifestement hostiles.

Ce sondage Mainstreet a été réalisé par appels automatisés entre le 30 octobre et le 7 novembre auprès de 7961 répondants, dont 896 au Québec. Sa marge d’erreur est de ± 1,1 % 19 fois sur 20 à l’échelle canadienne, et d’environ ± 3,5 % pour le Québec.