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À terme, Audrey Poulin (ici avec son conjoint David Proulx et leurs trois enfants) espère pouvoir embaucher un(e) professionnel(le) de la santé mentale, «qui pourrait traiter les cas de détresse les plus urgents en quelques heures», fait savoir la présidente de Social.Mom.
À terme, Audrey Poulin (ici avec son conjoint David Proulx et leurs trois enfants) espère pouvoir embaucher un(e) professionnel(le) de la santé mentale, «qui pourrait traiter les cas de détresse les plus urgents en quelques heures», fait savoir la présidente de Social.Mom.

Social.Mom s’associe au géant Teladoc

Olivier Pierson
Olivier Pierson
La Voix de l'Est
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Social.Mom, qui vise à rompre l’isolement de la maternité en facilitant les échanges, vient de franchir une nouvelle étape de sa courte existence en s’associant au géant américain de la télémédecine Teladoc. Moyennant un abonnement, ses membres auront un accès rapide à des professionnels de la santé mentale et physique, promet le réseau social. Cantonné pour l’heure au Canada, ce service est appelé à se développer par la suite.

Pour sa fondatrice, Audrey Poulin, l’heure était venue d’ajouter une nouvelle corde à l’arc de cette application (gratuite) qui a dépassé les 350 000 téléchargements, au Canada et aux États-Unis, depuis son lancement en 2017. Il y a avait même urgence selon elle, dans un contexte de crise sanitaire qui a décuplé les détresses, à commencer par la solitude maternelle, considérée comme un facteur aggravant de dépression.

L’annonce, jeudi dernier, d’un nouveau partenariat, en pleine Semaine de la santé mentale (qui s’achève ce dimanche avec la Fête des mères), ne doit rien au hasard puisqu’il s’agit de la raison d’être de Social.Mom, qui permet à de nombreuses mamans d’être en relation, et même de se rencontrer. Un bon moyen d’échanger sur des problématiques qui leur sont propres.

«On a des centaines de mamans qui nous ont dit à quel point notre application les avait aidées dans leur dépression. Certaines nous ont même confié avoir échappé au suicide grâce à elle», rappelle celle qui prend très à coeur sa mission. «Leur santé mentale, c’est depuis le début notre cheval de bataille.»

Une bataille qui se poursuit avec un rapprochement pour le moins audacieux. Car de l’audace, il en fallait pour entamer une collaboration avec Teladoc, une multinationale qui, jusqu’à présent, ne s’adressait qu’aux entreprises dans 175 pays.


« On a des centaines de mamans qui nous ont dit à quel point notre application les avait aidées dans leur dépression. Certaines nous ont même confié avoir échappé au suicide grâce à elle. »
Audrey Poulin, présidente de Social.Mom

Des clientes, pas des produits

Pourquoi les avoir approchés? «On a constaté un besoin très important chez nos membres d’être mises en contact avec des professionnels», répond la présidente de Social.Mom. «Audrey les a convaincus d’utiliser son réseau social comme canal de distribution», ajoute David Proulx, son conjoint et partenaire dans cette folle aventure.

Grâce à cette entente avec Teladoc, «les mamans auront accès à un médecin en une heure, et à un psychologue ou un psychiatre en trois semaines», renchérit ce dernier. Et tout ça au prix de 29,95$ par mois. Un tarif attractif (le plus compétitif du pays selon eux) rendu possible par l’ampleur de la communauté à laquelle aura désormais accès le chef de file mondial de la télémédecine.

Audrey Poulin tient toutefois à préciser que les membres de cette grande famille ne crouleront pas sous les publicités sur leur fil d’actualité. «Je tenais à ce que les mamans soient des clientes, et non des produits. Elles sont importantes et nous nous efforçons de leur proposer des services qui vont les aider réellement», clame-t-elle.


« Les mamans auront accès à un médecin en une heure, et à un psychologue ou un psychiatre en trois semaines. »
David Proulx, conjoint et partenaire d'Audrey Poulin.

Les papas en temps voulu 

Elle précise du même souffle qu’une réflexion a été entamée pour venir en aide aux personnes qui n’auraient pas les moyens de payer l’inscription mensuelle. La contribution d’associations caritatives fait à cet égard partie des pistes. 

Interrogée sur la possibilité d’offrir une application similaire pour les papas, comme elle l’avait laissé entendre en 2019 dans un précédent article de La Voix de l’Est, Audrey Poulin assure que c’est toujours dans les cartons. «On verra ça par la suite. Pour le moment, on se consacre à 100% aux mamans.»

Elle n’écarte pas non plus la possibilité de recruter un ou une psychologue à temps plein. C’est même l’objectif ultime selon elle. «Je souhaiterais avoir quelqu’un qui puisse traiter les cas de détresse urgente en quelques heures. On pense aussi contacter des organismes pour ce projet», précise-t-elle. Une partie des profits générés par les inscriptions au service de télémédecine sera d’ailleurs utilisée en ce sens.

Pour rester dans les projets, ce ne sont pas les idées qui manquent. «Nous voulons aussi agrandir notre banque de capsules réalisées avec des experts sur des sujets reliés à la maternité, pour rassurer et outiller les mamans et diminuer leur pression mentale. Nous en avons déjà une cinquantaine et ce n’est pas terminé!», conclut l'entrepreneure.