L'ancien cadre de SNC-Lavalin Sami Bebawi a été reconnu coupable de fraude, de recyclage de produits de la criminalité, de possession de biens volés et de corruption d'un agent public étranger.
L'ancien cadre de SNC-Lavalin Sami Bebawi a été reconnu coupable de fraude, de recyclage de produits de la criminalité, de possession de biens volés et de corruption d'un agent public étranger.

SNC-Lavalin: Sami Bebawi reconnu coupable de cinq chefs d'accusation

L'ancien cadre de SNC-Lavalin Sami Bebawi a été reconnu coupable de l'ensemble des cinq chefs d'accusation portés contre lui.

Les jurés à son procès pour fraude et corruption ont rendu leur verdict dimanche, à leur quatrième journée de délibérations.

Aujourd'hui âgé de 73 ans, Sami Bebawi est jugé pour des accusations de fraude, de recyclage de produits de la criminalité, de possession de biens volés et de corruption d'un agent public étranger.

Ni l'accusé ni son avocate n'ont voulu commenter la décision du jury. Un journaliste leur a demandé s'ils comptaient interjeter appel, mais sa question a été accueillie par un silence profond.

Quant à la procureure Anne-Marie Manoukian, elle a refusé de dire ce qu'elle comptait réclamer comme peine. Les observations sur la peine se dérouleront jeudi prochain.

Le juge Guy Cournoyer de la Cour supérieure du Québec a rejeté la demande de détention provisoire de la poursuite, en l'absence de fait nouveau qui porterait à croire que Sami Bebawi risque de prendre la fuite.

En mêlée de presse, Me Manoukian a tenu à saluer le travail du jury dans une cause aussi complexe. «Il y avait beaucoup de preuves, six semaines de procès, a-t-elle souligné. Je pense que dans cette cause, la justice a été rendue.»

Le procès a examiné plusieurs grands projets d'infrastructure et s'est concentré sur les relations avec Saadi Kadhafi, l'un des fils du défunt dictateur libyen Mouammar Kadhafi, pour faciliter les accords.

Pots-de-vin

La poursuite a allégué que la firme de génie montréalaise avait transféré environ 113 millions $ à des sociétés fictives pour payer des gens, dont Saadi Kadhafi, qui l'ont ensuite aidée à recueillir de l'argent et à décrocher des contrats en Libye, à partir de la fin des années 1990. La Couronne a soutenu au procès que ce qui restait dans les comptes après le paiement des pots-de-vin et des factures était divisé moitié-moitié entre M. Bebawi et son ancien subordonné Riadh Ben Aissa — chacun empochant 26 millions $.

Dans leurs plaidoiries finales au procès, les avocats de la défense ont soutenu que l'argent avait été versé à M. Bebawi pour son travail et que ces primes avaient été autorisées par le président de SNC-Lavalin à l'époque, Jacques Lamarre.

Sami Bebawi n'a pas témoigné ni présenté de défense. Il avait plaidé non coupable.