Catherine Verreault souhaite sensibiliser la population à l’importance de choisir un véhicule muni d’un système précollision afin d’éviter des drames comme celui qui a coûté la vie à son petit Louis.
Catherine Verreault souhaite sensibiliser la population à l’importance de choisir un véhicule muni d’un système précollision afin d’éviter des drames comme celui qui a coûté la vie à son petit Louis.

«Si l’histoire de Louis peut sauver une seule vie...»

Le temps était agréable, tout le monde était détendu, la famille se préparait pour la période des Fêtes, bref, à quelques jours de Noël, le bonheur était au rendez-vous chez les Laberge-Verreault le 21 décembre dernier. Rien ne laissait présager qu’un terrible drame allait se jouer au chalet familial des monts Valin, à un peu plus de 30 minutes de Chicoutimi. Pourtant, en une fraction de seconde, la vie de toute la famille a basculé lorsque le petit Louis, 4 ans, a tragiquement perdu la sienne, écrasé par le véhicule familial. Aujourd’hui, sa maman lance un appel afin d’inciter la population à opter pour un système précollision lors de l’achat d’un véhicule. Tout ça ne lui ramènera jamais son garçon, mais elle estime que si elle peut ainsi sauver une seule vie, son petit ne sera pas mort en vain.

Le 21 décembre 2019 restera gravé à jamais dans la mémoire de Catherine Verreault. Même si quatre mois se sont écoulés depuis les événements, la maman de Louis se rappelle tout ce qui s’est passé, minute par minute, entre le moment où son bébé a été frappé par la camionnette familiale et l’annonce de sa mort, à l’hôpital de Chicoutimi.

« C’était le samedi. Il était environ 16 h 30. On était avec le couple d’amis avec qui on partage le chalet. Nos enfants sont élevés ensemble », raconte-t-elle.

Marc-André Laberge, le papa de Louis, a sorti une motoneige de la remorque tirée par sa camionnette. « Il s’est aperçu qu’il manquait environ une distance d’un pied pour qu’on puisse la prendre pour aller souper chez le grand-papa des enfants », raconte Catherine Verreault.

Louis était avec son frère Raphaël, âgé de 14 ans. La maman se trouvait à l’intérieur du chalet.

« Marc-André a mis le véhicule en marche avant, mais n’a pas appuyé sur le gaz. Il a avancé d’un pied. On ne sait pas ce qui s’est passé. Le petit est parti en courant et s’est retrouvé du côté passager, très près du véhicule. C’était impossible de le voir. Ç’a pris une fraction de seconde. Le pick-up est passé sur lui. »

La mère de famille a entendu son conjoint crier.

« On a rentré mon fils dans le chalet, il était inerte », raconte-t-elle.

Louis n’a jamais repris conscience. L’amie du couple, une policière, a pratiqué des manœuvres sur le petit jusqu’à l’arrivée des ambulanciers qui ont pris le relais. Des manoeuvres ont été pratiquées pendant plus d’une heure trente à l’hôpital.

« Tout a été fait pour essayer de le sauver », affirme la maman.

Catherine Verreault se souvient être tombée à genoux devant médecins et infirmières, les suppliant de sauver son fils. « Je voulais qu’ils comprennent que je ne pourrais pas vivre sans cet enfant-là », explique-t-elle.

La mère de famille ne se rappelle pas des semaines qui ont suivi.

« C’est inimaginable. Ça fait tellement mal les premières journées que le cerveau arrête de fonctionner. J’ai au moins 10 jours de blackout. J’ai repris contact avec la réalité un mois plus tard, estime-t-elle. Le corps est bien fait. C’est comme si les souvenirs réapparaissaient au moment où je suis capable de les digérer, par bribes. C’est un moyen de défense. »

Système de précollision

Aujourd’hui, Catherine Verreault souhaite lancer un message de sécurité à la population, afin que les gens optent pour un véhicule muni d’un système précollision qui avertit en cas de danger et qui peut même freiner. Son amoureux a toujours été très prudent, tellement qu’il avait gagné le surnom de ISO 2002. Pourtant, le pire lui est arrivé.

« Les accidents n’arrivent pas toujours en reculant. Ça peut arriver en avançant. Je ne comprends pas qu’en 2020, avec la technologie qu’on a, les véhicules ne soient pas automatiquement équipés d’un système précollision alors qu’on a plein d’autres gadgets inutiles. Pensez à moi en achetant votre prochain véhicule et demandez à votre vendeur si c’est une option envisageable. Lorsque l’obstacle ou la personne n’est pas visible à l’oeil, ça pourrait éviter un accident comme le nôtre. Chaque fois que j’embarque dans le véhicule de ma mère, le système démarre. Chaque fois, je me dis que si on en avait eu un sur notre véhicule, Louis aurait été sauvé. Depuis quelques années, les véhicules sont munis de caméras de recul. On trouve ça tellement merveilleux. Maintenant, il y a les systèmes qui évitent les collisions. C’est tellement une belle invention. »

Louis savait qu’il devait s’éloigner d’un véhicule qui recule.

« Peut-être que cette fois, il n’a pas vu ça comme un danger, puisque le véhicule devait avancer. On a été impressionné lorsque l’analyse a été faite de réaliser à quel point ça prend un gros périmètre pour voir un petit bonhomme de sa hauteur. Si l’histoire de Louis peut sauver une seule vie, il ne sera pas mort pour rien. »

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RESTER UNIS MALGRÉ L'ÉPREUVE

La perte du petit Louis a complètement transformé sa famille qui, depuis, tente d’apprendre à vivre sans lui, tout en restant unie. 

Pour Marc-André Laberge et Catherine Verreault, l’arrivée de Louis était un pur bonheur. 

Catherine a deux enfants, Raphaël, 14 ans, et Jade, 13 ans, issus d’une union précédente. 

« Mon chum n’avait pas d’enfant. Moi j’en avais deux et j’adore ça. Je trouvais important pour lui qu’il ait la chance d’être papa. Louis, c’était notre gâterie. On le traînait partout. C’était un enfant vraiment désiré. Il ne manquait pas d’attention et il savait qui aller voir quand il voulait quelque chose. On se disait qu’il allait diriger plus tard. Il avait du charisme, il aimait le monde. Il était capable d’entrer en contact facilement avec les gens. »

Sa disparition a grandement affecté toute la famille dont chaque membre vit l’épreuve à sa façon. « On est quatre personnes différentes. On essaie de ne pas se juger et de ne pas avoir d’attentes envers les autres. On apprend à vivre autrement, à vivre avec ça », décrit la maman. 

L’épreuve est énorme pour le couple, mais la mort de Louis lie aussi Catherine et Marc-André. 

« On est un couple très fort. Au début, on était sur deux planètes différentes, mais on s’est rendu compte qu’on avait besoin l’un de l’autre pour passer au travers. C’est la seule personne qui peut me comprendre. On a tous les deux perdu notre enfant. »

Chaque jour, la famille vit une montagne russe d’émotions. « On regarde des photos, des vidéos. Ça fait mal, mais on ne veut pas oublier son vécu. Il nous a fait grandir. Il n’y a pas une journée qui passe sans qu’on pense à ce que ce serait si Louis était là. Quand quelqu’un meurt, on le place sur un piédestal, il prend encore plus de place. Là, on parle d’un petit enfant. »

Malgré l’ampleur de sa peine, Catherine Verreault travaille énormément afin de retrouver une vie plus normale. 

« On a souvent l’impression qu’on n’a pas le droit d’être heureux. Mais je travaille là-dessus. Je ne veux pas que mes deux autres enfants se disent qu’ils ont perdu leur mère en même temps que leur petit frère. »