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Les policiers sont intervenus pour la troisième fois en moins d’un mois à cette résidence de luxe de Shawinigan.
Les policiers sont intervenus pour la troisième fois en moins d’un mois à cette résidence de luxe de Shawinigan.

Shawinigan: 24 contraventions en deux semaines pour des rassemblements illégaux

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
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Les fins de semaine se suivent et ont tendance à se ressembler pour un chalet en location de la rue Thibaudeau à Shawinigan. Après être intervenus à deux reprises durant la fin de semaine de Pâques pour des rassemblements illégaux, les policiers de la Sûreté du Québec sont retournés à cet endroit samedi soir pour la même raison.

«À 19 h 30, les policiers ont été appelés pour un rassemblement sur la rue Thibaudeau. À l’arrivée des policiers, plusieurs personnes ont pris la fuite. Quatre constats d’infraction ont été donnés concernant la loi de la Santé publique», confirme le sergent Jean-Raphaël Drolet, porte-parole de la SQ.

Les personnes présentes dans cette résidence cossue provenaient de différentes adresses de la rive nord de Montréal. Il s’agit de jeunes personnes qui participaient à une fête.

«C’est au moins la troisième fois que la SQ intervient à cet endroit depuis le début du mois», ajoute le sergent Drolet qui rappelle que les rassemblements dans les résidences privées sont toujours interdits.

La police a ainsi remis des constats de 1550 $ à ces gens, comme elle l’avait fait durant la fin de semaine de Pâques. Le 1er avril, 17 constats d’infraction à la loi de la santé publique avaient été donnés à des gens provenant de différentes adresses du Québec et de l’Ontario. La police était retournée sur les lieux le lendemain pour donner trois autres constats d’infraction à des gens qui s’étaient ajoutés au regroupement. Les autres fêtards qui étaient présents le 1er avril n’auraient pas compris qu’ils devaient mettre fin au rassemblement.

La remise de 20 constats d’infraction au début d’avril avait suscité la colère de Michel Angers. Le maire de Shawinigan ne se cache pour dire que s’il était mécontent de la situation il y a deux semaines, il l’est encore plus aujourd’hui.

«Toutes les fins de semaine, il y a des activités. Quand il y a des réservations à répétition, celui qui fait la location doit savoir ce qui se passe. Il y a des limites. À trois reprises, la police s’est présentée. S’il n’y a pas plus de vérifications sur la nature des locataires et le nombre de personnes, c’est de la négligence.»

Le maire de Shawinigan raconte que les pouvoirs de la Ville sont limités en cette matière. Mais il assure que l’administration municipale va faire ses vérifications.

«Il y a un propriétaire pour cette maison. On va voir à qui il a donné le contrat de location et si celui qui fait la location est bien enregistré au gouvernement. Si c’est une résidence de location, il faut avoir l’autorisation. Si c’est illégal, on va aviser les personnes concernées. Si c’est légal, on va s’assurer avec la police que c’est fait correctement.»

Selon M. Angers, le propriétaire de la résidence doit s’assurer que les règles sanitaires soient respectées par les locataires.

«On ne peut pas faire une location à n’importe qui pour n’importe quoi. Ce genre d’activités n’aide pas la région à demeurer en zone orange. Des gens viennent de l’extérieur, vont chercher des victuailles, de l’alcool ici, ça augmente le niveau de contamination. Si ce sont des gens de zone rouge et qui sont en lien avec des gens de chez nous, il y a une possibilité de transmettre le virus, alors que c’est interdit», dit le maire.

«On leur dit de respecter les règles»

Ce chalet luxueux fait partie de la dizaine de propriétés de l’entreprise Les gars de chalets. Le directeur et copropriétaire de la compagnie, Vincent Perron, affirme qu’il n’était pas au courant de cette troisième intervention policière en moins d’un mois.

Selon les informations fournies par M. Perron pour cette location, il s’agissait de six collègues qui désiraient passer un séjour dans un chalet en respectant les règles gouvernementales. M. Perron confirme que son entreprise a demandé aux locataires de respecter les règles gouvernementales, mais n’a pas investigué davantage pour savoir si les six personnes provenaient de la même adresse.

«C’est tu des étudiants de la même adresse? On ne sait pas. Je ne demande pas leur pedigree. On leur demande de respecter les règles. Je ne vais pas passer trois heures pour savoir s’ils respectent la bulle. Je ne peux pas gérer ça. Je ne peux pas demander des tests de COVID non plus, ça ne finira pas. Mais les règles du gouvernement sont claires. Tout le monde est au courant. On leur dit de respecter les règles en vigueur. Je ne peux pas être plus clair que ça. On ne tolère pas d’exception.»

Vincent Perron indique que des stations de lavage sont installées dans un chalet comme celui de la rue Thibaudeau. Un cartable renfermant les consignes gouvernementales et les normes de désinfection est aussi à la disposition des clients. Mais il ajoute que son entreprise se fie à la bonne parole des locataires.

«On est propriétaires de nos chalets à louer, on est en règle avec le gouvernement, on a nos permis. On est une entreprise respectable. Tous les jours, on reçoit des demandes pour des partys et on les refuse. Les gens s’essaient: ils nous écrivent en disant qu’ils seront 15, qu’ils font une réunion de famille. On lit entre les lignes. On dit que c’est huit personnes maximum (en raison de la COVID-19). Si vous arrivez trois familles de bulles différentes, on n’accepte pas. On y va sur la bonne foi des gens. S’ils disent qu’ils sont deux, ils sont deux. On ne joue pas à la police. Je ne vais pas sur les lieux. Ce n’est pas un hôtel. Il n’y a personne à l’accueil. Je ne peux pas mettre un gardien devant le chalet. On est une petite entreprise privée. Si je dis de ne pas fumer, mais que quelqu’un fume, ça arrive. Il passe 20 000 personnes dans nos chalets et notre hôtel. On parle de 25 personnes sur 20 000. Le ratio est bon en maudit. Mais il y a toujours un pourcentage de personnes qui sont de mauvaise foi. Si des gens font des partys, on ne veut pas ça. Des fois, on le subit.»

Vincent Perron rappelle qu’il a demandé à la police d’intervenir lors de la fin de semaine de Pâques pour s’assurer que tout le monde avait quitté les lieux.

«Je suis content qu’on donne des constats. Ça fait peur aux autres locataires. On ne veut pas de partys. On veut des gens qui veulent prendre du bon temps.»

Différentes mesures d’intervention de la santé publique

La Santé publique régionale n’a pas reçu de plainte concernant le non-respect des règles sanitaires à ce chalet locatif. Selon Guillaume Cliche, agent d’information du CIUSSS régional, différentes mesures d’intervention sont prévues dans un tel cas.

«Si on a l’information qu’il y a eu une fête ou un non-respect des règles, il y a un appel de prévention pour partager les mesures et s’assurer qu’elles sont mises en place. S’il y a récidive, il y a d’autres interventions, comme la police qui peut émettre des constats. Il peut y avoir des avis de conformité de la Santé publique demandant à la personne de rendre son lieu conforme. Il peut y avoir une demande d’ordonnance pour une fermeture d’un lieu auprès de la cour. C’est le dernier recours.»