Ayant du mal à attirer les candidatures ces dernières années, le Comité international olympique a réussi à renverser la tendance, alors que sept villes sont en lice pour présenter les Jeux d'hiver de 2026, dont Calgary.

Sept villes intéressées à présenter les JO de 2026

LAUSANNE — Confronté ces dernières années à une crise des candidatures, le Comité international olympique (CIO) a renversé la tendance, attirant pour 2026 une pléthore de postulants avec sept pays intéressés par l’organisation des JO d’hiver.

Calgary (Canada), Graz (Autriche), un trio italien Cortina d’Ampezzo/Milan/Turin, Sapporo (Japon), Stockholm (Suède), Sion (Suisse) et Erzurum (Turquie) se sont en effet officiellement engagés dans la première phase de la procédure en déposant leur dossier avant minuit, samedi dernier.

La première étape sera consacrée au dialogue entre le CIO et les postulants jusqu’en octobre 2018. Elle sera suivie, probablement après un premier écrémage par l’instance olympique, d’une seconde phase dite de «candidature officielle», jusqu’en septembre 2019, date de l’élection prévue à Milan.

«Je me réjouis sincèrement de l’intérêt manifesté par les comités nationaux olympiques et les villes», a indiqué lundi Thomas Bach, président d’un CIO encore marqué par la décevante campagne pour 2022, plombée par les retraits successifs de favoris. En 2015, l’affaire s’était réglée à deux, la puissance de Pékin ayant raison de l’audace d’Almaty (Kazakhstan), pour un choix final controversé.

Démarche simplifiée

Depuis, le CIO a notamment réduit la charge logistique et financière des villes candidates, avec moins de rapports à livrer. Et pour rassurer davantage, le CIO s’est engagé à verser à la ville hôte une contribution de 925 millions $ destinés à couvrir les frais d’organisation.

Après PyeongChang en 2018 et Pékin en 2022, il semblerait logique que la grand-messe des sports d’hiver revienne en Amérique du Nord ou en Europe en 2026. Mais face à la raréfaction des candidatures, souvent plombées par le refus de citoyens réticents à l’idée de payer une lourde facture, le CIO n’a découragé personne.

Ainsi, la station japonaise de Sapporo, déjà hôte des JO en 1972, n’a pas renoncé. Ni Calgary et Turin, qui ont déjà accueilli les JO d’hiver en 1988 et en 2006.

Durant la première phase, les villes n’auront pas à soumettre de propositions ou garanties officielles, ni à faire de propositions. À l’été 2018, un groupe de travail, présidé par l’Espagnol Juan Antonio Samaranch, fils de l’ancien patron du CIO, procédera à une évaluation technique des projets. Lors de sa session d’octobre à Buenos Aires, le CIO aura ensuite la possibilité d’écarter des postulants avant de lancer la véritable phase de candidature.

Comme pour les JO d’été, chaque ville candidate est appelée à s’inspirer de l’Agenda-2020, paquet de mesures adopté en 2014, qui recommande l’utilisation d’installations existantes ou temporaires, afin de réduire les coûts. Objectif : éviter les éléphants blancs ou l’incertitude sur l’avenir de certains sites, comme c’est le cas de la piste de descente de Jeongseong à PyeongChang, aménagée pour plus de 200 millions $ et qui a nécessité de couper des milliers d’arbres.

Contraint de travailler sur le long terme en raison de la raréfaction des candidatures, le CIO a également annoncé mardi que le comité olympique américain s’intéressait aux JO d’hiver de 2030. Salt Lake City, Denver, Reno? La candidate n’est pas encore connue, mais le mouvement olympique a pris les devants pour éviter de se retrouver une nouvelle fois démunie.

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LES «AVANTAGES INCROYABLES» DE CALGARY

La présentation d’une candidature olympique coûtera environ 30 millions $ à Calgary. Un comité exploratoire a conclu l’an dernier que la présentation des Jeux olympiques de 2026 coûterait 4,6 milliards $. «Vous avez déjà des avantages incroyables au Canada», a dit Christophe Dubi, directeur des sports du Comité international olympique. «Je ne me gênerai pas pour dire que vous avez déjà non seulement les installations, mais aussi l’expertise, incluant celle acquise lors des derniers Jeux que vous avez présentés», a-t-il ajouté en faisant allusion aux JO de Vancouver, en 2010. 

Dubi a rappelé qu’il existait déjà au Canada des installations qui accueillent des compétitions sportives internationales. «Nous voulons profiter au maximum des installations déjà existantes. Qu’elles aient accueilli des Jeux d’hiver ou des Coupes du monde ou des Championnats mondiaux ou d’autres événements multisports. C’est toujours plus simple de travailler avec ce qui existe déjà.»