L’hôpital de La Malbaie sera destiné à accueillir d'éventuels contestataires et des Charlevoisiens durant la tenue du Sommet du G7.

Scénarios catastrophes envisagés à un mois du G7

Le niveau d’alerte de l’État n’est pas élevé à l’approche du Sommet du G7 des 8 et 9 juin, a constaté Le Soleil. Les autorités s’échauffent néanmoins avec des scénarios tragiques : un autocar d’Italiens dans le fossé, des gaz toxiques au Manoir Richelieu, un feu dans le périmètre de sécurité, des manifestants en grand nombre approchant en bateau… Même des hordes de délégués internationaux malades après avoir mangé au buffet.

Ce jour-là, récent, nous étions à deux pas de l’hôpital de La Malbaie, ville hôte du Sommet. Et nous espérions parler des préparatifs avec les employés de l’établissement. Simple? En fait, ça n’a pas été possible. Le dossier est géré à Ottawa et Québec, pas localement.

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Au bout du signal cellulaire, il y avait donc Patrick Duchesne, directeur adjoint des services professionnels pour le CIUSSS-CN, comme dans Centre intégré universitaire de santé et services sociaux de la Capitale-Nationale. Pour faire court: il sait de quoi il parle. 

Et que dit-il? «À date, le niveau de risque demeure toujours le même, faible à modéré.»

Les forces de l’ordre pensent néanmoins au pire. Tous les services gouvernementaux qui pourraient être touchés de près ou de loin viennent d’ailleurs de compléter une simulation de trois jours. Au menu: les scénarios évoqués plus haut, concoctés par la GRC, histoire de tester le niveau de préparation des «instances» locales. Ajoutons le récit hypothétique du convoi de bus de contestataires partant de Sherbrooke ainsi que l’autre évoquant une attaque bactériologique. Et toutes les hypothèses supplémentaires que M. Duchesne a gardées pour lui. 

Au fil de notre échange, ce qu’il nous explique, c’est que le CIUSSS-CN a été mandaté pour piloter le volet santé de la préparation à la tenue de l’événement dans la région. Une «structure costaude» a été mise en place comportant notamment des experts capables d’identifier rapidement des éléments pathogènes rares. 

Trois clientèles

Il note, en outre, que les gouvernements ont identifié trois clientèles: les policiers, les manifestants et les dignitaires. En parallèle, il faudra offrir des soins aux locaux.

Et il a été décidé que les clientèles ne seraient pas soignées au même endroit, explique Patrick Duchesne.

Pour les dignitaires, une clinique de pointe sera aménagée au Manoir Richelieu: imagerie médicale, radiologie, médecins, infirmières, inhalothérapeutes et tutti quanti seront sur place. «C’est une mini urgence.» En cas de complications, les patients voleront vers les hôpitaux spécialisés de Québec.

Restent les manifestants et les policiers, qui seront séparés. 

Les policiers auront leur propre clinique dans la zone verte, dans le périmètre de sécurité. Là, l’objectif sera de les retourner au front rapidement. Sinon, ils seront envoyés à l’hôpital de Baie-Saint-Paul pour qu’ils ne croisent pas d’altermondialistes dans les couloirs.

Car l’hôpital de La Malbaie sera, lui, destiné à ces éventuels contestataires et à la population charlevoisienne.

Qui ramassera la facture, probablement salée? Le CIUSSS-CN est responsable de payer le matériel, les équipements médicaux et les médicaments, incluant les nombreux antidotes. Mais le partage des débours n’est pas encore établi: «On n’est pas à l’étape de quantifier les coûts.»

Et s’il ne se passe rien d’inhabituel en juin, à quoi tout ce déploiement aura-t-il servi? À tester les plans d’urgence du réseau de la santé, fait valoir Patrick Duchesne.