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Raphaël Lessard n’a pas couru l’esprit en paix à sa deuxième saison dans la série camionnettes Nascar. Après avoir réussi à compléter la première, en 2020, il roulait avec le spectre d’une fin hâtive depuis le début du présent calendrier.
Raphaël Lessard n’a pas couru l’esprit en paix à sa deuxième saison dans la série camionnettes Nascar. Après avoir réussi à compléter la première, en 2020, il roulait avec le spectre d’une fin hâtive depuis le début du présent calendrier.

Saison terminée pour Raphaël Lessard: «C’est plate en mautadit»

Carl Tardif
Carl Tardif
Le Soleil
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Un peu plus de 24 heures après l’annonce que sa saison en série camionnettes Nascar était terminée, faute de financement, le pilote Raphaël Lessard était toujours habité par le même vide intérieur à l’idée de ne plus pouvoir prendre place derrière le volant.

«Il y a des jours meilleurs que d’autres, c’est plate en «mautadit», mais c’est la triste réalité du moment. On n’a pas assez d’argent pour continuer», disait-il en entrevue téléphonique, mardi.

La veille, son équipe avait repoussé d’une journée le moment où il allait discuter avec les médias. Le jeune pilote de 19 ans de Saint-Joseph-de-Beauce a fait face à la musique avec le même calme qu’il pouvait afficher sur les pistes de Nascar à travers l’Amérique du Nord.

«Disons que je me suis déjà mieux senti. On va essayer de rester fort et positif, mais ce n’est pas une situation que je ne souhaite à personne», lançait-il, franc et direct comme toujours.

Le constat est simple, il ne pouvait plus verser les 200 000 $ par mois à l’écurie GMS Racinq pour conserver le volant de la Silverado #24 Canac/Quincallerie Richelieu qu’il a piloté dans les sept premières courses de la saison, bien qu’il ne confirmait pas ce prix à payer pour rouler dans la Série Camping World Trucks où il occupait le 13e rang du classement général.


« Le sport automobile, ça coûte cher et c’est difficile de trouver des partenaires depuis l’an passé, surtout que ceux qui m’appuient ne pouvaient même pas venir aux courses, qui sont aussi un loisir pour eux. La pandémie a rendu les choses bien difficiles »
Raphaël Lessard

Lessard n’a pas couru l’esprit en paix à sa deuxième saison dans cette série. Après avoir réussi à compléter la première, en 2020, il roulait avec le spectre d’une fin hâtive depuis le début du présent calendrier.

«Lors des trois dernières courses, je ne savais pas si j’allais faire la prochaine et ce qui allait se passer. Tu vois cela débouler dans ta face et tu ne peux rien faire. Ce n’est pas la façon que je voulais finir, d’autant plus qu’on avait une bonne équipe. On n’a pas eu de chance dans certaines courses, mais on avait beaucoup de vitesse.»

Il a terminé au huitième rang à Kansas, en fin de semaine, s’offrant ainsi son second top-10 de la saison. Il avait fait troisième sur terre battue à Bristol, fin mars, ce qui restera son meilleur résultat en 2021 s’il n’obtient pas une invitation pour prendre un autre départ.

«J’aimerais garder la main, mais pour l’instant, je vais prendre du recul et me refaire un peu, mentalement. Je suis encore en Caroline du Nord, [à Mooresville] et je regarde les options, mais s’il n’y a rien, je vais revenir chez nous pour travailler. Chose certaine, si je cours, ce ne sera pas avec mon argent parce qu’on n’en avait plus pour continuer», ajoutait celui qui n’écarte pas l’idée de faire des courses locales si on lui offrait un bolide.

Un emploi l’attend dans l’entreprise familiale de transport FRL Express, à Saint-Joseph dès qu’il décidera de rentrer à la maison.

«Ce n’était pas mon plan A, ni mon B ou C… mes parents sont à l’aise et ils m’ont aidé au début de ma carrière, mais on n’a pas les millions pour financer ma place en Nascar, comme certains pilotes peuvent le faire. L’objectif est toujours de trouver un partenaire pour s’occuper de tout et me permettre de me concentrer uniquement sur le pilotage, mais les gens sont aussi libres de faire ce qu’ils veulent avec leur argent», disait-il avec sagesse.

Le rêve de 2022

La saison 2021 venant de s’envoler en fumée, il rêve encore de pouvoir se battre pour le championnat de la série camionnettes Nascar en 2022.

«J’aimerais leur montrer ce que je peux faire, mais présentement, je ne peux même pas faire de plan car je n’ai pas d’argent», répétait celui qui a apprécié la solidarité de son écurie, notamment son chef d’équipe et son mécano, qui étaient aussi tristes que lui de le voir ranger son volant.

«GMS Racinq m’a donné le plus de temps possible, on voulait continuer. J’ai appris énormément avec eux, je suis devenu un meilleur pilote. J’ai travaillé avec des pros depuis deux ans et personne ne va pouvoir m’enlever ça.»