Le capitaine Stéphane Cabana et l’agente Caroline Garand, du Service de police de Granby, ont dressé le bilan des perquisitions réalisées le 1er novembre. Ils étaient en compagnie de la caporale Mélanie Perrier, du service de sensibilisation aux drogues et au crime organisé à la Gendarmerie royale du Canada.

Saisie historique de stupéfiants à Granby

Le Service de police de Granby a réalisé une saisie historique de stupéfiants, le 1er novembre dernier, autant en terme de quantité que de variété de drogues découvertes lors de trois perquisitions. Les quatre personnes arrêtées lors de la frappe policière sont soupçonnées d’être impliquées à différents degrés dans un réseau qui avait des ramifications jusque dans les provinces de l’Ouest canadien.

Près de 4000 comprimés de méthamphétamine, plus de 140 grammes de shatter (concentré de cannabis sous forme de cristaux), 500 grammes de cocaïne, près de 20 litres de GHB, près de 750 grammes de champignons magiques, 150 grammes de haschisch et plus de huit kilos de cannabis séchés avaient été saisis aux trois adresses visitées dans les rues Pinard et St-Jacques ainsi que sur le chemin Milton. 

C’est la première fois que les agents du service de police granbyen saisissent autant de substances différentes et en aussi grandes quantités lors d’une opération, du moins depuis de nombreuses années, a mentionné le capitaine Stéphane Cabana, du département des enquêtes criminelles.

C’est également la toute première fois que le corps policier saisit du shatter, du cannabis avec une concentration de THC atteignant 90 % et qui est vendu dans des sachets d’un gramme aux couleurs attrayantes pour de potentiels consommateurs.

Quelque 143 sachets, dont la valeur peut grimper jusqu’à 7000 $, ont été découverts. « C’est très populaire chez les jeunes », affirme la caporale Mélanie Perrier, du service de sensibilisation aux drogues et au crime organisé à la Gendarmerie royale du Canada, qui a participé à la conférence de presse organisée par le corps de police granbyen.

Le produit, vendu entre autres sur internet, s’inhale à l’aide d’une pipe à eau, aussi appelée bong, ou d’une cigarette électronique par exemple, explique la spécialiste. Sa production, réalisée à l’aide de butane, est simple, mais surtout extrêmement dangereuse. Tout comme sa consommation. De nombreuses psychoses toxiques associées à la consommation de shatter ont été répertoriées dans des hôpitaux du pays. 

4000 doses de GHB

La découverte d’une grande quantité de GHB est également préoccupante aux yeux des forces de l’ordre. L’effet recherché est similaire à celui occasionné par la consommation d’alcool. Une dose de GHB est d’environ cinq millilitres. La quantité qui a été saisie représente 4000 doses, dont la valeur se chiffre entre 40 000 $ et 100 000 $. 

« C’est une drogue de synthèse, explique la caporale Perrier. Ce qui est vraiment inquiétant, c’est qu’on voit souvent des cas d’overdose. La drogue est mélangée à une autre substance et le consommateur ne connaît pas réellement la quantité qu’il consomme. Ça peut entraîner un arrêt respiratoire, un coma, voire même un décès. »

Le GHB est d’autant plus dangereux puisque le consommateur le mélange à l’alcool, ce qui multiplie les effets. 

La grande quantité de comprimés de méthamphétamine découverte par les policiers est aussi alarmante. Les pilules, vendues entre un dollar et cinq dollars l’unité, ont souvent une couleur et un logo attrayants qui laissent croire que la substance est sans danger, ce qui est loin d’être le cas. 

« Le jeune va dire qu’il sait ce qu’il consomme, que son dealer le sait. C’est fabriqué dans des laboratoires clandestins à l’aide de produits chimiques et la substance peut être contaminée par une autre. Il faut être conscient qu’on n’a aucune idée de ce qu’un comprimé va contenir », prévient la caporale Perrier, dont le mandat est la prévention et la sensibilisation, entre autres auprès des jeunes. 

Lors de l’opération policière réalisée en novembre, une carabine rapportée volée, des munitions et 1500 $ en argent ont également été saisis. Trois hommes et une femme ont été arrêtés lors de la frappe policière. L’un d’eux, Jean-Philippe Gauthier, est actuellement incarcéré et en attente de son enquête sur remise en liberté. 

L’investigation initiée par quatre enquêteurs, dont les deux de l’escouade ACCES Cannabis, a permis d’établir que le réseau avait des ramifications jusque dans les provinces de l’ouest. Granby a relayé l’information aux services policiers municipaux concernés qui poursuivent l’enquête. 

La caporale Perrier, qui collabore avec plusieurs corps policiers, dont celui de Granby, rencontrera d’ailleurs prochainement les enseignants et intervenants des écoles secondaires du territoire pour les sensibiliser aux drogues et aux effets qu’elles entraînent chez les consommateurs.