Gervais Jacques, Philippe Couillard, Jean-François Nadeau et Alain Gagnon étaient réunis pour confirmer les investissement d'un quart de million de dollars à l'Usine Vaudreuil.

Rio Tinto confirme d'importants investissements à l'Usine Vaudreuil

La réalisation du projet d’optimisation du site d’entreposage des résidus de bauxite de l’usine Vaudreuil au coût de 250 M$ a reçu le coup d’envoi officiel, lundi, en présence du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, ce qui devrait permettre de consolider les 1000 emplois reliés à cette raffinerie d’alumine.

À l’occasion de cette annonce, Gervais Jacques, directeur exécutif opérations Atlantique, et Jean-François Nadeau, directeur du Complexe Jonquière, ont réuni les représentants politiques de Saguenay ainsi que plusieurs invités, dont Alain Gagnon, président du Syndicat national des employés de l’Aluminium d’Arvida (SNEAA).

Confirmant avoir obtenu toutes les approbations et le financement nécessaire de Rio Tinto, M. Jacques a déclaré qu’il s’agit d’un nouveau départ pour l’usine Vaudreuil, dont la mise en service remonte à 1936. Elle transforme annuellement 3,7 millions de tonnes de bauxite en alumine qui entre dans la production de l’aluminium produit dans la région.

Le projet lancé lundi consiste dans sa première phase en la construction d’une usine de filtration et d’assèchement des boues rouges d’une superficie de 2000 mètres carrés près de l’usine Vaudreuil et au rehaussement du site d’entreposage actuel d’une hauteur de 90 pieds en son centre. Les résidus, une fois traités, seront acheminés par convoyeur fermé jusqu’au site. Le projet inclut également une somme de 40 M$ pour la réfection des grues aux installations portuaires de Grande-Baie.

En ce qui a trait au calendrier de réalisation des travaux, ils sont imminents puisque les roulottes de chantier sont en voie d’installation. Dès la fin de février, la machinerie se mettra au travail afin d’effectuer des travaux de dynamitage suivis en mai du bétonnage des fondations et du montage d’acier de structure en août prochain. Parallèlement, le travail d’aménagement du convoyeur fermé se mettra en branle. RT prévoit des retombées régionales d’environ 120 M$ dans le cadre du projet.

Des contrats ont déjà été accordés aux firmes Proco pour la structure d’acier, Chicoutimi Excavation et à la firme de génie Hatch. Pendant la phase de construction, 240 travailleurs seront à l’oeuvre. Une fois les travaux terminés, une dizaine de travailleurs supplémentaires seront embauchés. La seconde phase, qui doit démarrer en 2027, consiste en l’ouverture progressive d’un nouveau site.

D’autres annonces à venir

Lors de son allocution, M. Couillard a précisé que le gouvernement du Québec a accordé les certifications pour les deux phases du projet. « Bien des pays aimeraient faire de l’alumine comme nous le faisons à Vaudreuil. On va continuer d’être présent pour soutenir Rio Tinto et les familles qui y travaillent. On s’est engagé à soutenir Vaudreuil et la poursuite de la chaîne aluminium et d’autres innovations s’en viennent », a déclaré le premier ministre.

Sur ce sujet, M. Jacques a indiqué que les assurances quant à l’avenir de l’usine Vaudreuil permettent d’envisager l’expansion de la phase 1 de l’usine-pilote AP-60 avec l’ajout de 16 nouvelles cuves qui s’ajouteront aux 38 existantes. « Cette semaine, nous allons déposer auprès du gouvernement du Québec les demandes d’autorisation pour les 16 cuves additionnelles. Nous allons commencer l’étude de faisabilité avec l’objectif de débuter les travaux à la fin de 2018 », a précisé le dirigeant.

Parallèlement, les travaux de recherche et de développement se poursuivent afin d’augmenter l’ampérage des cuves au-delà des 600 000 ampères. M. Jacques n’exclut pas que l’ensemble du projet AP-60 puisse être bonifié avec la mise en production totale de 272 cuves pour les trois phases. La seconde phase comprendrait deux séries de 60 cuves et 98 cuves pour la troisième. 

L’augmentation de production nécessitera la construction d’un nouveau centre de coulée de métal en fusion. 

En ce qui a trait à l’expansion de l’Usine Alma, M. Jacques se montre optimiste quant à sa concrétisation puisqu’il affirme que les conditions économiques favorisent également ce projet, tout étant une question de séquence dans les projets.

Les dignitaires ont rendu hommage aux travailleurs de l’usine Vaudreuil. Sur la photo apparaissent Gervais Jacques, directeur exécutif des operations Atlantique Aluminium chez Rio Tinto, Philippe Couillard, premier ministre du Québec, Jean-Francois Nadeau, directeur général du Complexe Jonquiere de Rio Tinto, et Alain Gagnon, président du SNEAA-UNIFOR.
« On a eu ça dur dans les dernières années. On a eu de la garnotte dans la face, mais là c'est un début. On part. »

Alain Gagnon rend hommage à ses membres

Alain Gagnon, président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEAA-Unifor), n’est pas peu fier du chemin accompli dans le dossier de l’usine Vaudreuil et c’est pourquoi il a rendu un hommage bien senti à ses membres.

Dans un langage coloré, M. Gagnon s’est adressé aux membres de son exécutif et aux travailleurs de Vaudreuil en affirmant que ce sont eux qui lui ont donné le « gaz » nécessaire pour avoir les convictions d’envisager un avenir pour cette usine qui procure de l’emploi direct à 1000 personnes. « On a eu ça dur dans les dernières années. On a eu de la garnotte dans la face, mais là c’est un début. On part ».

M. Gagnon rappelle qu’en 2006, il était prévu que l’usine Vaudreuil était destinée à cesser ses opérations en 2008, mais que des efforts concertés entre les travailleurs et la direction ont permis d’améliorer la productivité et de trouver des solutions pour la poursuite des activités des vieilles installations. « La vieille devait mourir », a-t-il renchéri.

Le 31 décembre 2014, une autre tuile tombait avec l’annonce de la fermeture éventuelle des salles de cuves précuites. L’amélioration de l’économie, la baisse de l’offre chinoise et la fermeture d’alumineries aux États-Unis ont permis non seulement de prolonger leur vie utile, mais aussi de créer 150 postes de travailleurs recevant une paye de Rio Tinto, une mesure qui n’a pas été assez soulignée au plan médiatique, selon lui.

Le syndicaliste a souhaité que la production de l’Usine Vaudreuil puisse atteindre un jour les deux millions de tonnes d’alumine, ce qui permettrait d’alimenter toutes les alumineries au Saguenay-Lac-Saint-Jean. « On veut la totale. On veut le coup d’après. »

Le directeur du Complexe Jonquière, Jean-François Nadeau, a rendu hommage également aux travailleurs de Vaudreuil en affirmant que depuis 30 ans, bien des personnes se demandent pourquoi on continue de transformer de la bauxite en alumine au Saguenay alors qu’il serait possible d’importer ce produit. Selon lui, le succès a été obtenu en modifiant le mode de fonctionnement de l’usine par des employés qui ont démontré qu’ils avaient leur place pour produire l’alumine de la meilleure qualité au monde.

Dans un autre dossier, M. Nadeau a mentionné que le projet de valorisation des boues rouges que pilote l’entreprise JMR se porte bien puisque l’entreprise a complété son financement de 4 M$ tandis que Rio Tinto a investi 450 000 $.

Les employés de l’Usine Vaudreuil se sont présentés nombreux dans la petite cafétéria du complexe pour l’annonce d’un investissement de 250 M $.

UN INVESTISSEMENT, MALGRÉ L'INCERTITUDE

(Presse canadienne) - Rio Tinto a décidé de moderniser certaines de ses installations québécoises au moment où se poursuivent les discussions entre le Canada, les États-Unis et le Mexique afin de renouveler l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Interrogé à ce sujet, Gervais Jacques, directeur exécutif opérations Atlantique, n’a pas caché qu’il s’agissait d’une source d’incertitude pour Rio Tinto, sans aller jusqu’à dire que d’éventuels tarifs sur les exportations canadiennes d’aluminium pourraient inciter Rio Tinto à changer son fusil d’épaule.

« Nous demeurons confiants de voir le gros bon sens l’emporter, a-t-il dit. Les États-Unis ont besoin de plus de 2,5 millions de tonnes d’aluminium par année. Le Canada est un fournisseur stratégique et intégré. »

De plus, un rapport sur les importations américaines d’aluminium a été remis au président Donald Trump le mois dernier, ouvrant du même coup une fenêtre de 90 jours pour qu’une décision soit prise.

Néanmoins, les conditions de marché demeurent intéressantes en raison du ralentissement de la croissance de la production en Chine. De plus, les stocks demeurent élevés, car des consommateurs américains craignent d’éventuels tarifs douaniers, ce qui a une influence positive sur les prix, a souligné M. Jacques.

Cela a stimulé la performance de la division aluminium de Rio Tinto en 2017, qui a généré un bénéfice d’exploitation de 3,42 milliards $ US, par rapport à 2,47 milliards $ US lors de l’exercice précédent.