Avant la période des questions, le premier ministre Justin Trudeau a descendu l’escalier qui mène à la Chambre des communes en compagnie du nouveau député de Lac-Saint-Jean, Richard Hébert.

Richard Hébert en comité avec Denis Lebel

Situation cocasse lundi à Ottawa. Nommé au sein du Comité permanent des Ressources naturelles, le nouveau député de Lac-Saint-Jean, Richard Hébert, était présent pour accueillir, via vidéoconférence, l’invité du jour au comité : Denis Lebel, président du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) et prédécesseur de Richard Hébert à titre de député.

L’ancien maire de Dolbeau-Mistassini a vécu une journée forte en émotions. Après avoir été assermenté officiellement vendredi, il a fait son entrée à la Chambre des communes lundi et a assisté à sa première période de questions.

Très théâtrale, l’arrivée d’un nouveau député se fait d’une manière dictée par la tradition parlementaire. Richard Hébert est entré par la grande porte, avant d’être présenté par le président de la chambre. « Au début, tu fais à croire que tu ne veux pas y aller, mais pas trop longtemps », a raconté le politicien lors d’un entretien téléphonique avec Le Quotidien. Après ce court refus, le premier ministre Justin Trudeau et le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, sont alors venus le chercher pour le convaincre et le conduire à son nouveau siège. Fait à noter, en raison du grand nombre de représentants libéraux, Richard Hébert se trouve du côté de l’opposition au Parlement.

« C’était une journée riche en émotions. Ce sont des moments que tu ne vis pas souvent. J’avais le sourire fendu jusqu’aux oreilles. J’ai eu de l’émotion quand j’ai regardé ma femme et ma fille qui étaient là. C’est difficile d’être plus heureux que ça », a-t-il commenté. Il a rappelé qu’il avait visualisé ce moment lorsqu’il avait mûri sa décision cet été en compagnie de son épouse, Andréanne Thériault. « Je lui avais dit : “Andréanne, je me vois quand on ouvre les portes de la chambre” », s’est-il rappelé, content de voir l’aboutissement de cette vision, lui qui a renoncé cet été à se représenter en tant que maire de sa municipalité pour se lancer dans l’élection partielle visant justement à remplacer Denis Lebel. Ce dernier avait remis sa démission comme député membre du Parti conservateur pour occuper la présidence du CIFQ.

Le comité

Plus tôt en journée, Richard Hébert avait rencontré Pablo Rodriguez, le whip en chef du Parti libéral. C’est à ce moment qu’il lui a proposé de devenir membre du Comité permanent des Ressources naturelles, dont une rencontre se tenait tout juste après la période de questions. « Tout de suite on m’a demandé de siéger sur le comité des ressources naturelles. Je n’ai pas hésité une seconde. Il y a d’autres comités que j’évaluerai. Celui sur l’agriculture m’intéresse beaucoup et les affaires indiennes aussi, a-t-il commencé par indiquer. J’ai remplacé Denis Lemieux. » Rappelons que le député de Chicoutimi-Le Fjord a récemment remis sa démission et qu’il ne se trouve pas à Ottawa. Il siégeait à titre de membre sur cette commission.

Richard Hébert est arrivé tout juste pour le début de la réunion, dont les débats peuvent être suivis sur son site Internet. Le président du comité, James Maloney, a relevé le côté cocasse du moment, en présentant le premier invité qui assistait via vidéoconférence. « Bon retour à M. Lebel dans ses nouvelles fonctions, et en tant qu’ancien député de Lac-Saint-Jean. J’aimerais aussi introduire le nouveau député de Lac-Saint-Jean, M. Hébert, qui a été récemment assermenté et dont c’est la première réunion », s’est exprimé le député libéral d’Etobicoke—Lakeshore. Denis Lebel a alors présenté les problèmes de ses membres et il a cité les nombreux défis de l’industrie forestière. 

C’est en fin de réunion, d’une durée d’une heure, qu’un collègue libéral a donné une partie de son temps alloué pour permettre à Richard Hébert de briser la glace comme parlementaire fédéral. « Bonjour M. Lebel, ça me fait plaisir de vous retrouver. Ça fait drôle de se voir dans un siège différent. Vous savez M. Lebel, je connais bien la forêt pour avoir travaillé à vos côtés du côté de la mairie de Dolbeau-Mistassini à l’époque. Ma question est quels sont les enjeux au sujet des copeaux ? »

Ce à quoi Denis Lebel lui a répondu. « M. Hébert, tout d’abord, je veux vous souhaiter une belle et longue carrière à Ottawa. Très heureux que ce soit vous maintenant qui soyez dans ce beau siège du plus beau comté du Canada qu’est le comté de Lac-Saint-Jean. Maintenant je peux dire ça, a-t-il d’abord répondu avant de poursuivre avec sa réponse sur le sujet. La baisse de consommation du papier journal a fait qu’il y a une demande moins grande pour les copeaux. (...) On ne changera pas le besoin du client, c’est le client qui a toujours raison. C’est un problème important, car ça permet de rentabiliser les opérations des usines de sciage. »

Richard Hébert a dit avoir été réellement touché par les bons mots de l’ancien député conservateur. L’ancien adjoint politique de Denis Lebel, Rémy Leclerc, a affronté Richard Hébert lors de l’élection.