Les fédérations de l’UPA du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine demandent à Québec d’agir pour relancer l’agriculture dans leur région.

Relancer l’agriculture et la foresterie pour sauver l’Est-du-Québec

EXCLUSIF / MATANE - À l’aube du Sommet sur l’alimentation qui s’ouvrira vendredi et qui guidera la Politique bioalimentaire du Québec dont le dépôt est prévu au printemps, la solution pour sauver les régions de l’Est-du-Québec passe par la relance de l’agriculture et de la foresterie. C’est la conclusion à laquelle en vient l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) qui publie son rapport jeudi.

Démographie décroissante, vieillissement de la population, exode rural et rareté de la main-d’oeuvre expliquent en partie la dévitalisation de plusieurs communautés de l’Est-du-Québec. C’est connu. Cette réalité plombe l’économie du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, qui n’arrivent plus à être concurrentielles. 

Les entreprises agricoles n’y échappent pas. «Dans ces régions, c’est l’ensemble des conditions socioéconomiques nécessaires au développement des fermes qui se resserrent et se détériorent», peut-on lire dans le rapport intitulé «Agir pour relancer les domaines agricole et forestier des régions de l’Est-du-Québec: se donner les moyens de réussir», rédigés par les chercheurs David Dupont, François L’Italien et Robert Laplante.

«Quand les fermes vont bien, les communautés vont bien, soutient François L’Italien. Or, avec la diminution des fermes et les difficultés qu’elles vivent, ce n’est pas une bonne nouvelle.» Parmi les façons de renverser la spirale de la dévitalisation des communautés, l’IREC propose «une stratégie audacieuse axée sur le renforcement des productions existantes et la valorisation du potentiel des filières émergentes». Parmi les cultures émergentes, l’IREC cite notamment les productions de chanvre, de lin et d’asclépiade pour favoriser la remise en production de terres en friches moins intéressantes pour l’alimentation humaine.

Pour arriver à revitaliser l’agriculture et la foresterie privée, les chercheurs proposent trois outils: la mise sur pied de groupes régionaux d’intervention tactique, la création de fonds régionaux et l’instauration d’un programme d’établissement de la relève. «Si on ne fait rien, le territoire agricole va continuer à se ratatiner, appréhende François L’Italien. On va s’en aller vers de plus grosses fermes et on va s’éloigner de la vitalité des communautés.»

Les fédérations régionales de l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine reçoivent ces recommandations comme une bouffée d’air frais. Elles demandent à Québec d’agir pour relancer l’agriculture dans leur région. «L’agriculture et la foresterie sont le coeur de l’économique et de la vitalité de nos milieux, soutient le président de la l’UPA du Bas-Saint-Laurent, Gilbert Marquis. Les pistes de solutions avancées par l’IREC nous permettent de reconnaître cette importance.» Le son de cloche retentit encore plus fort du côté de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, où le PIB par habitant est encore plus faible. «Ces propositions redonnent espoir à nos producteurs, estime la présidente de l’UPA régionale, Michelle Poirier. Pour y parvenir, il faut que tous les intervenants et élus appuient cette démarche.»