«L’affaire Yves Michaud» a rebondi il y a trois mois lorsqu'une pétition est apparue sur le site de l’Assemblée nationale.

Quelque 4500 signatures pour Yves Michaud

La pétition électronique proposant qu’une commission parlementaire se penche sur le blâme infligé à Yves Michaud par l’Assemblée nationale en 2000 affichait quelque 4500 signatures en fin de journée lundi.

La période de signatures se clôt à minuit mardi. Le parrain de la pétition, le péquiste Maka Kotto, aura ensuite jusqu’à la semaine prochaine pour la présenter au Salon bleu de l’Assemblée nationale.

«L’affaire Yves Michaud» a rebondi il y a trois mois lorsque cette pétition est apparue sur le site de l’Assemblée nationale. Elle demande à l’Assemblée nationale de référer le dossier de M. Michaud à une commission parlementaire «pour étude» — pour éventuellement faire en sorte que le blâme qu’il lui a été infligé le 14 décembre 2000 soit révisé.

La motion adoptée par l’ensemble des députés il y a un peu plus de 17 ans se lit ainsi : «Que l’Assemblée nationale dénonce sans nuance, de façon claire et unanime, les propos inacceptables à l’égard des communautés ethniques et, en particulier, à l’égard de la communauté juive tenus par Yves Michaud à l’occasion des audiences des états généraux sur le français à Montréal le 13 décembre 2000.» Les propos de M. Michaud n’avaient pas été présentés comme tels aux parlementaires.

M. Michaud, qui aura 88 ans, n’a pas tenu, lors de ces états généraux, les propos pour lesquels les parlementaires l’ont blâmé. Ses détracteurs en conviennent tous aujourd’hui, mais certains soutiennent qu’il l’a fait dans une entrevue accordée à une radio quelques jours plus tôt. Pour eux, il y a minimisé la souffrance du peuple juif.

Une lecture

Le gouvernement ne donnera pas suite à la requête formulée dans la pétition. Et le Parti québécois ne se battra pas pour qu’une commission parlementaire soit convoquée.

En novembre, Jean-François Lisée a dit ne pas vouloir «faire subir à M. Michaud ce que les libéraux diraient de lui» — si une commission parlementaire se penchait sur le dossier et si un nouveau vote devait un jour être pris. 

«En Chambre, Maka Kotto, avec sa voix forte, va lire les attendus de la pétition. C’est le geste que nous posons. Je suis content qu’on le pose.» M. Lisée a parlé d’un «geste d’estime» à l’égard d’Yves Michaud.

Au fil du temps, une cinquantaine de députés péquistes — parmi les 76 présents au Salon bleu de l’Assemblée nationale en décembre 2000 — ont présenté leurs excuses à titre personnel au fervent indépendantiste. 

Au gouvernement, on a déjà indiqué qu’on voyait mal les actuels élus de l’Assemblée nationale — dont la très grande majorité n’y siégeait pas lors des faits — déclarer que leurs prédécesseurs ont erré.

Les remous créés par cette affaire dans le camp souverainiste ont contribué à la décision du premier ministre Lucien Bouchard de démissionner en 2001.