Les stations de ski devront convaincre les amateurs de sport de glisse que le coût du billet vaut le déplacement malgré les mesures sanitaires contraignantes liées à la COVID.
Les stations de ski devront convaincre les amateurs de sport de glisse que le coût du billet vaut le déplacement malgré les mesures sanitaires contraignantes liées à la COVID.

Quelle saison attend les skieurs?

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
Limite du nombre de skieurs en montagne, accès restreint au chalet, offre de services réduite. Les stations de ski devront convaincre les amateurs de sport de glisse que le coût du billet vaut le déplacement malgré les mesures sanitaires contraignantes liées à la COVID.

Le Massif de Charlevoix est la première station de la région de la capitale à lancer sa prévente d’abonnements de saison même si la Direction de la santé publique n’a pas encore donné le feu vert au guide sanitaire que lui a proposé l’Association des stations de ski du Québec (ASSQ).

«C’est certain que la situation de la COVID peut avoir une incidence sur nos abonnements. Si nous ne sommes pas capables de dire aux gens comment ça va se passer, ils ne nous suivront pas.»

André Roy, vice-président exécutif et directeur général du Groupe Le Massif s’impatiente d’obtenir des réponses du gouvernement au plan déposé le 21 juillet par l’ASSQ. Dans l’attente, il en donne déjà quelques-unes.

Saison garantie

«La première que tous se posent est de savoir ce qui arrive de leur abonnement si une «seconde vague» obligeait les stations à fermer avant ou au milieu de la saison. C’est pourquoi nous avons lancé le programme de saison garanti», explique-t-il.

Ainsi, le détenteur d’un abonnement pourra se faire rembourser ou reporter son abonnement à l’an prochain avant le début de la saison prévue le 19 décembre si le gouvernement fermait les stations par décret. Le remboursement ou le crédit se fera au prorata du nombre de visites effectuées en cas de suspension temporaire ou définitive des activités en cours de saison.


« Nous pensons que le foulard ou le cache-cou peut servir de masques. Il reste à savoir ce que le gouvernement en pense »
Josée Cusson, responsable des communications à l’Association des stations de ski du Québec

S’il peut aujourd’hui rassurer les skieurs qu’ils ne courent aucun risque de perdre leur abonnement, il en est tout autre au chapitre des exigences imposées par Québec. «On espère que ça sera le moins contraignant possible, mais on ne peut pas supposer de la décision du gouvernement», indique M. Roy. Chose certaine, ça ne sera pas comme à l’habitude.

Services réduits

«Ça va être une saison atypique. Des chalets remplis à pleine capacité, on ne verra pas ça cet hiver. Des sacs et des bottes laissés sous les tables, ça ne pourra plus se faire non plus. Les gens seront peut-être encouragés à mettre leurs bottes à leur véhicule», laisse-t-il entendre à titre d’exemple. Pas commode pour tous par -20 Cº.

«Ce qui est sûr, c’est que ça va juste coûter plus cher d’opération. Je fais quoi pour équilibrer mon budget? Si je charge plus, les gens vont chialer après moi», ajoute le dg. 

C’est pourquoi la saison démarrera officiellement le 19 décembre. Les services seront réduits les mardis et mercredis à la cafétéria, à la boutique et à l’atelier. Mais surtout, la remontée Grande-Pointe (télésiège quadruple) sera la seule en fonction pendant ces deux jours, neige ou pas dans les autres secteurs de la montagne.

Restrictions et contingence possibles

Pour le reste, il y a encore bien des questions sans réponses. Est-ce que le port du masque sera obligatoire à l’intérieur des chalets, dans les gondoles ou même les télésièges? Faudra-t-il réserver sa place si Québec impose un contingentement du nombre de skieurs?

«Nous pensons que le cache-cou peut servir de masque. Il reste à savoir ce que la Santé publique en pense», lance Josée Cusson, responsable des communications à l’ASSQ. 

Elle demeure discrète sur les propositions qui ont été faites à la santé publique. Comme tous, elle attend des réponses le plus tôt possible pour permettre aux stations de s’ajuster aux normes.

«On sait qu’il va y avoir une saison, mais on ignore dans quelles conditions», ajoute-t-elle. Mme Cusson précise que l’association travaille sur plusieurs scénarios, même celui où les skieurs auraient l’obligation de réserver une place. De plus, les files d’attente en période d’achalandage pourraient être plus longues si Québec diminue la capacité des gondoles et télésièges.

D’autres stations contactées par Le Soleil sont frileuses à discuter des contraintes qui attendent les skieurs. Tous sont en attente d’une réponse de la Direction de la santé publique. C’est le cas pour Mont-Sainte-Anne et Stoneham, propriétés de RCR, où le responsable des communications, Simon Lefebvre, explique qu’il n’est pas encore temps de dévoiler les mesures retenues pour ces deux stations-soeurs.