Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon

Québec veut prendre le virage 4.0

L’avenir des entreprises québécoises passera par l’industrie 4.0. Or, les PME sont en retard dans ce virage. Une situation que le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, veut absolument renverser.

Il a invité plus de 130 entreprises du Québec à l’accompagner à la Foire de Hanovre, en Allemagne, qui se tiendra du 31 mars au 5 avril.

Selon le rapport d’un groupe de chercheurs des Hautes études commerciales (HEC), la productivité stagne au Québec depuis une trentaine d’années et les entreprises accusent un retard qui pourrait être fatal si la croissance économie ralentissait. «Il y a un écart de productivité entre les entreprises québécoises et les entreprises canadiennes et internationales. Et ce retard est dû à un manque d’investissement des entreprises dans les équipements innovants et dans la numérisation», déplore le ministre de l’Économie. 

«L’Allemagne est un pionnier dans cette technologie-là et un modèle pour plusieurs pays. Les sociétés québécoises vont pouvoir comprendre qu’est ce que veut dire un tel changement pour leurs opérations», a-t-il poursuivi. 

Pour combler cet écart, M. Fitzgibbon estime que c’est au gouvernement de mettre des mesures incitatives, «ce que n’a pas fait l’ancien gouvernement», dénonce-t-il. «L’économie va bien. On a un vent favorable, il faut en profiter. Au Québec, on a un écosystème de PME, dont beaucoup sont en régions. Il faut s’occuper de nos PME, surtout celles en région.» 

Investissement Québec a déjà des programmes pour encourager l’innovation, mais il va falloir aller plus loin et plus vite insiste le ministre. «Il faut des consultants pour faire un audit afin d’aider les PME à reconnaitre les bénéfices qu’ils pourront en retirer.»

Investissement partagé

Afin d’être compétitives avec le reste du monde, les entreprises devront investir plusieurs milliers de dollars. Sachant que certaines PME n’auront pas les moyens d’investir, M. Fitzgibbon est prêt à payer en grande partie ces mesures et à mettre en place des programmes de financement pour l’implantation du 4.0.

«On va partager le risque, mais on va partager également le profit. Le prêt sera remboursable seulement quand l’entreprise fera des bénéfices. Si jamais il n’y a pas de bénéfice, il y aura une perte sur notre prêt, mais je suis prêt à prendre ce risque», a-t-il affirmé. 

Sans dévoiler le budget qui sera annoncé par le gouvernement du Québec, jeudi, M. Fitzgibbon a bon espoir d’avoir l’argent nécessaire pour investir dans les PME en région.

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L'INDUSTRIE 4.0, C'EST QUOI?

L’industrie 4.0, qu’on appelle aussi quatrième révolution industrielle, est caractérisée par l’automatisation intelligente et l’intégration de nouvelles technologies liées au numérique. On parle ici entre autres de robotique, de réalité augmentée, d’impression 3D, et d’intelligence artificielle. Le mot clé est l’interconnexion, c’est-à-dire que les équipements et les systèmes en place sont jumelés à l’utilisation d’Internet et à la collecte de données. L’industrie 4.0 permettra aux entreprises de répondre rapidement aux besoins des clients et de façon personnalisée.