« L’objectif de la campagne est d’informer les citoyens, ça ne concerne pas seulement le Saguenay, mais tout le Québec », a expliqué la porte-parole de QS en matière d’environnement, Ruba Ghazal.
« L’objectif de la campagne est d’informer les citoyens, ça ne concerne pas seulement le Saguenay, mais tout le Québec », a expliqué la porte-parole de QS en matière d’environnement, Ruba Ghazal.

Québec solidaire en croisade contre GNL Québec

Québec solidaire (QS) lance cette semaine une campagne de mobilisation contre GNL Québec, ce vaste projet de pipeline de gaz naturel et de port méthanier à Saguenay. Une manifestation contre le projet, à laquelle participera la co-porte-parole de QS, Manon Massé, est d’ailleurs organisée à Montréal, vendredi.

Le parti de gauche veut ainsi sensibiliser la population aux dangers du projet et faire reculer le gouvernement caquiste, qui semble avoir un préjugé favorable.

Les élus de QS utiliseront leur temps de parole en Chambre pour poser des questions et déposer des motions. En outre, les députées Ruba Ghazal et Catherine Dorion se rendront au Saguenay, jeudi, pour prendre part à des activités avec des militants et des citoyens.

« L’objectif de la campagne est d’informer les citoyens, ça ne concerne pas seulement le Saguenay, mais tout le Québec », a expliqué la porte-parole de QS en matière d’environnement, Ruba Ghazal, dans une entrevue avec La Presse canadienne lundi, en fin de journée.

« On veut aussi sensibiliser le premier ministre » François Legault, a-t-elle poursuivi.

M. Legault s’est levé plusieurs fois en Chambre pour laisser entendre qu’il était plutôt ouvert au projet et pour ridiculiser les partis opposés.

« Il faut que le gouvernement arrête d’acheter les arguments des lobbyistes », que M. Legault a d’ailleurs rencontrés, a dit Mme Ghazal.

Parmi ces arguments, le promoteur plaide entre autres que le gaz naturel de l’Alberta ainsi exporté en Europe et en Asie sera un substitut à des énergies plus polluantes comme le charbon.

« On n’a aucune preuve de ça » et aucun expert n’a validé ces hypothèses, a répliqué Mme Ghazal, qui soutient que le charbon qui ne sera pas consommé en Asie ou en Europe sera redirigé vers l’Afrique en raison de la baisse des prix.

Elle a également rappelé que le projet, de l’extraction du gaz en Alberta jusqu’à sa liquéfaction à l’usine, sur tout le cycle, émettra 7 millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) par an, c’est-à-dire qu’il annulera en une seule année tous les efforts de réduction de GES depuis 1990.

Mme Ghazal dit être consciente qu’il existe un courant favorable au projet dans l’opinion publique au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Cependant, selon elle, il ne s’agit pas vraiment d’un mouvement populaire.

« Il n’y a pas vraiment de gens qui sont pour, c’est plus un mouvement de relations publiques entretenu par le promoteur », a-t-elle conclu.

Le projet Énergie Saguenay de GNL Québec est un chantier estimé à 14 milliards $. Il doit encore recevoir les autorisations environnementales. Le projet dans son ensemble consiste en la construction d’un gazoduc de 750 km qui irait de l’Ontario transportant du gaz de l’Ouest jusqu’à une usine de liquéfaction à Saguenay, pour acheminer ensuite le gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Europe, notamment. (Avec Stéphane Bouchard, Le Quotidien)