En vertu d’un règlement municipal régissant la paix et le bon ordre à Québec, il est interdit d’insulter les policiers. Philip Blaney a reçu un constat d’infraction qu’il a contesté devant le tribunal.

Qualifier un policier de «douchebag»... est bien une insulte tranche un juge

Au terme d’une analyse exhaustive, un juge de la cour municipale de la ville de Québec a déterminé que le terme «douchebag» est bien une insulte, et un homme qui l’a formulée à l’égard d’un policier a été reconnu coupable d’avoir enfreint un règlement.

À la suite d’une sortie en soirée le 23 juin dernier, Philip Blaney a rencontré deux amis assis sur le trottoir près d’un véhicule de police. Après leur avoir demandé ce qui se passait, M. Blaney s’est tourné vers le véhicule et a lancé : «Esti de gros douchebag de tech po».

En vertu d’un règlement municipal régissant la paix et le bon ordre à Québec, il est interdit d’insulter les policiers. Philip Blaney a reçu un constat d’infraction qu’il a contesté devant le tribunal.

Pour reconnaître M. Blaney coupable, le juge Patrice Simard s’est plongé dans des dictionnaires, reproduisant même un passage où l’écrivain Stephen King utilisait le mot offensant dans son roman «The Stand» («Le Fléau»).

Le magistrat conclut que le mot au sens figuré désigne «une personne (habituellement un homme) au comportement odieux, offensant, dégoûtant ou méprisable». C’est à peu près un synonyme d’idiot, écrit-il.

Le juge Simard a souligné que les Québécois francophones ont adopté le mot anglais. «Le terme semble spécifiquement viser un jeune homme bellâtre, abonné des salles de musculation et salon de bronzage, arborant tatouages, bling-bling et tee-shirts serrés», écrit-il.

Au cours de l’audition, M. Blaney a déclaré que le mot est couramment utilisé par les jeunes pour décrire quelqu’un qui est «imbu de soi-même 1/8sic3/8». Sa défense était qu’il s’adressait à ses amis, et non aux policiers.

Dans le jugement du 29 novembre, le magistrat a rejeté cette affirmation, notant que Blaney avait répété son insulte lorsqu’un policier lui avait demandé ce qu’il avait dit.

«Le défendeur s’est exprimé à haute voix, dans un endroit public, suffisamment fort pour être entendu par les policiers ou toute personne qui pouvait se trouver à proximité, a noté le juge Simard. En outre, les mots choisis montrent clairement que ce sont les policiers (...) qui ont été ciblés par le défendeur.»

Il a estimé que la conduite de M. Blaney et de ses amis était apparemment «très arrogante». M. Blaney a averti les policiers qu’il allait parler à sa mère qui «travaille au Palais de justice», et un de ses amis a dit que les policiers vont «être dans la marde».

Le juge a imposé une amende de 150 $, le minimum prévu par le règlement municipal.