Le palais de justice de Québec
Le palais de justice de Québec

Procès de Jean-Baptiste Abel: de la porno juvénile «seulement à l’adolescence»

L’ex-militaire Jean-Baptiste Abel admet avoir déjà consommé de la pornographie juvénile. Mais c’était, dit-il, bien avant la période de 2015 à 2016 que lui reproche le ministère public.

Abel, 30 ans, de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, subit son procès devant jury depuis une semaine pour des accusations d’avoir accédé, d’avoir possédé et d’avoir distribué des images de pornographie juvénile.

La Couronne a terminé sa preuve. Les jurés ont dû regarder des images et des extraits de vidéos montrant des agressions sexuelles d’enfants, des preuves saisies dans le matériel informatique de l’accusé. Le jury a aussi écouté le très long interrogatoire vidéo où Abel, selon la poursuite, tient certains propos incriminants.

C’était mardi le tour de la défense de faire sa preuve. L’accusé a choisi de témoigner.

D’une voix forte, plutôt monocorde, Jean-Baptiste Abel raconte sa carrière au sein des Forces armées canadiennes, où il a travaillé comme chauffeur de véhicules blindés puis comme opérateur de radios et enfin technicien en informatique.

L’homme est un maniaque d’ordinateurs. Il a parfois possédé jusqu’à sept ordinateurs et était membre d’un club d’amateurs de jeux vidéo en ligne.

Il dit qu’il partageait fréquemment le contenu de son disque dur avec celui de ses collègues militaires pour enrichir sa collection de films et de séries télé. En contre-interrogatoire, il convient qu’à l’âge de 14 ans, il a consommé de la pornographie juvénile. Mais à ses yeux, ce n’en était pas puisque les jeunes photographiées étaient de son âge. 

De mémoire, Abel affirme que son dernier téléchargement de porno juvénile remonte à une dizaine d’années.

«Des remords»

Dans son interrogatoire avec les policiers, on entend Abel dire qu’il veut arrêter de consommer de la porno, mais qu’il n’en est pas capable. Il ajoute qu’il a dû effacer une grande quantité de fichiers pour s’arrêter. 

L’accusé affirme qu’il parlait de pornographie adulte. 

«Je dis aussi que j’ai des remords parce que je me disais que ce n’était pas correct de visionner de la pornographie adulte, surtout quand je suis en couple», précise Jean-Baptiste Abel.

Vrai que l’accusé utilise l’expression «petite fille» lorsqu’il parle avec les policiers. Mais pour lui, dit-il aux jurés, une petite fille est «tout ce qui est en bas de 22 ans».

Les images de pornographie juvénile trouvées dans le téléphone cellulaire acheté de seconde main étaient là avant qu’il en prenne possession, affirme l’accusé. Il n’a jamais pensé à réinitialiser l’appareil, étant certain qu’il était vide. Les avocats feront leurs plaidoiries au cours des prochains jours. Le juge Carl Thibault de la Cour supérieure donnera ensuite ses directives aux jurés.