En mission en France, le directeur général de la Société de développement commercial (SDC) de Limoilou, Sébastien Chamberland, a eu la surprise de se retrouver samedi midi en plein coeur de la plus violente manifestation du mouvement des gilets jaunes, à Montpellier.

Pris au coeur d’une violente manifestation des gilets jaunes [VIDÉOS]

En mission en France, le directeur général de la Société de développement commercial (SDC) de Limoilou, Sébastien Chamberland, a eu la surprise de se retrouver samedi midi en plein coeur de la plus violente manifestation du mouvement des gilets jaunes, à Montpellier. Lacrymogènes, canons à eau, confinement, la petite délégation québécoise venue donner un coup de main à la Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) française a eu droit à la totale.

«On revenait de Langogne et on s’est arrêtés pour prendre un verre à Montpellier près de la Place de la Comédie. Ça semblait être une terrasse tranquille même si on voyait qu’il y avait quelques manifestants», explique M. Chamberland en entrevue téléphonique avec Le Soleil.

Même si la mobilisation du mouvement des gilets jaunes est toujours à la baisse, selon le journal Le Monde, Montpellier a malgré tout été le théâtre de la manifestation la plus violente samedi avec entre 2 000 et 5 000 personnes et des accrochages avec la police. Des gaz lacrymogènes et des canons à eau ont été utilisés par les forces de l’ordre pour disperser les manifestants qui lançaient des projectiles et des engins pyrotechniques. Les affrontements ont fait neuf bessés légers parmi les manifestants et les policiers, un agent ayant été brûlé au bras.

«On a vu que ça commençait à brasser. Il y a des gilets jaunes qui lançaient des objets aux policiers et qui, ensuite, venaient s’asseoir à la terrasse pour prendre une bière!», raconte M. Chamberland.

«Il y a eu au moins trois tirs de gaz lacrymogènes qui ont formé un nuage de gaz. Le vent s’est levé, alors tout se dirigeait vers les terrasses qui étaient bien remplies. Tout le monde s’est alors mis à courir. Nous avons été confinés dans le restaurant, derrière un rideau de fer, pendant plusieurs heures. Une dame a fait une crise de panique», explique M. Chamberland.

Le dg de la SDC de Limoilou avoue compatir avec les commerçants français qui vivent la même situation depuis le mois de novembre. «On m’a dit que ça avait été plus tranquille au cours des cinq dernières semaines, mais j’ai compris qu’aujourd’hui, c’était une manifestation nationale, alors il y avait du monde d’un peu partout», raconte celui qui a finalement pu retourner à son hôtel vers 17h.

«Je sais qu’en France, il n’y a pas de programme de dédommagement comme on avait au Canada lors du sommet du G7. C’est triste, car plusieurs commerçants ont des difficultés et ne réparent pas leurs dommages parce que c’est la même chose qui se répète chaque semaine depuis des mois», a-t-il indiqué, ajoutant que cet épisode lui avait rappelé les affrontements entre policiers et manifestants lors du Sommet des Amériques qui avait eu lieu à Québec en 2001.