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La protection du presbytère de Saint-Michel-de-Bellechasse fait polémique dans la municipalité.
La protection du presbytère de Saint-Michel-de-Bellechasse fait polémique dans la municipalité.

Presbytère de Saint-Michel-de-Bellechasse: «la pelle n'est pas dans la porte», répète le maire

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
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Le maire Éric Tessier se veut clair : aucune démolition n’est envisagée pour le presbytère de Saint-Michel-de-Bellechasse. La municipalité n’a pas non plus l’intention de le laisser dépérir. «On nous prête de mauvaises intentions», dit-il.

Depuis quelques jours, les projecteurs sont tournés vers le presbytère de Saint-Michel-de-Bellechasse. Des citoyens ont fait part de leurs inquiétudes concernant l’avenir du bâtiment construit en 1739.

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Une demande de classement a été envoyée auprès du ministère de la Culture, le dossier suit son cours.

«Le bâtiment n’est pas en danger. Il n’y a aucun projet de démolition, de dérèglementation ni aucune intention de le laisser dépérir au point d’en attaquer l’intégrité. On fait un écran de fumée avec cette histoire», assure le maire de Saint-Michel-de-Bellechasse, qui dit vouloir rassurer les citoyens.

Un événement particulier a fait réagir les Michelois dans la dernière semaine : les actuels locataires du presbytère doivent quitter les lieux, une demande de la municipalité. Il s’agit de la Fabrique Saint-Benoît-de-Bellechasse et Les Cimetières des seigneuries de Bellechasse.

Le presbytère devenant «vide», plusieurs craignent le pire pour l’état du bâtiment. 

«On pourra y faire du ménage, faire des réparations et limiter les coûts d’entretien. Le coût du chauffage est entre autres astronomique. Ça demeure un bâtiment municipal, on y entrepose actuellement des objets, il ne sert pas à rien», se défend le maire.

Éric Tessier rappelle aussi que l’état d’un bâtiment ne se détériore pas en quelques mois. 

«Il nous a été vendu dans un état de manque d’amour. Depuis trois ans la municipalité fait les réparations d’urgence. En guise d’exemple, une galerie ne devient pas dans cet état-là en 36 mois! Il faut mettre les choses en perspective et je ne veux pas faire pas une chasse aux sorcières», soulève-t-il. 


« Le bâtiment n’est pas en danger. [...] On fait un écran de fumée avec cette histoire »
Éric Tessier, maire de Saint-Michel-de-Bellechasse

Intentions

Au sujet de la mobilisation entourant le presbytère, M. Tessier note que tous les projets sont bons. Il précise toutefois que la mission du presbytère doit «répondre à un besoin municipal». 

«On nous prête de mauvaises intentions, personne ne conteste sa beauté, son lieu et l’aspect historique. Tout le monde reconnaît une certaine valeur, mais la municipalité n’est pas l’agent de la moralité», indique le maire. 

«On ne gère pas ce qui est beau ou pas beau. Il faut se poser la question : qu’est-ce qu’on veut proposer exactement? Quel est le meilleur instrument pour protéger ce que l’on souhaite protéger? Est-ce la propriété du bâtiment par la municipalité est la meilleure façon? La question est ouverte», ajoute-t-il.

Le financement adéquat revient aussi au cœur du problème. M. Tessier rappelle que la municipalité a de nombreux dossiers à gérer, le presbytère en est un parmi d’autres, l’argent doit donc être dirigé vers les projets plus urgents.

«Quand le conseil statuera sur le futur du bâtiment, tous les scénarios seront permis. Ça me scandalise de voir que les gens pensent que la pelle est dans la porte. Il faut avoir confiance. Il ne faut pas juste rêver, il faut agir», termine-t-il. 

Il n’est pas sans oublier la COVID-19. La municipalité de Bellechasse doit répondre aux conséquences qu’entraine la pandémie, il se veut donc «normal» que certains dossiers avancent plus lentement, étant donné la situation exceptionnelle.