Le complexe G à Québec

Près de 43 500 employés du secteur public au Québec gagnent plus de 100 000 $

Hydro-Québec, la Ville de Montréal et l’Université McGill figurent parmi les organismes publics de la province qui emploient le plus de personnes ayant un salaire de plus de 100 000 $, indique une étude publiée mardi par la Fédération canadienne des contribuables.

La Fédération canadienne des contribuables a calculé que près de 43 500 employés du secteur public québécois gagnent plus de 100 000 $ par année.

L’organisme, qui milite pour un gouvernement minceur et des impôts plus bas, espère que ses conclusions inciteront le Québec à être plus transparent dans ses dépenses - et à publier chaque année la liste de ses employés à salaires élevés, comme le font l’Ontario, l’Alberta, le Manitoba et la Saskatchewan.

La plus récente liste en Ontario, publiée en mars dernier, révélait que plus de 151 000 fonctionnaires avaient gagné 100 000 $ ou plus dans cette province en 2018.

Hydro-Québec en tête

Avec 6796 employés gagnant plus de 100 000 $ par année, Hydro-Québec arrive en tête de la «liste ensoleillée» de l’organisme au Québec - un terme utilisé de façon informelle à travers le pays pour décrire ce genre de divulgations gouvernementales. La société d’État emploie également le haut responsable le mieux rémunéré, selon les données.

Cet employé est le président et chef de la direction d’Hydro-Québec, Éric Martel, dont le salaire de base annuel - un peu moins de 560 000 $ - était déjà connu publiquement. Ce n’est pas le cas pour les milliers d’autres employés énumérés dans le rapport, dont les noms et les postes étaient absents des informations fournies par les divers organismes financés par le gouvernement.

Par exemple, tout ce qui était disponible auprès de la Ville de Montréal est que 5700 de ses employés gagnent un salaire de plus de 100 000 $. Le salaire le plus élevé est d’environ 321 000 $, et le coût total pour les contribuables de la ville pour ces hauts salariés serait de plus de 686 millions $.

L’Université McGill emploie 1992 personnes qui ont gagné plus de 100 000 $, selon les données du rapport. Le coût total serait d’un peu moins de 300 millions $. Les employés de cinq universités québécoises se sont classés parmi les 10 plus hauts salariés, selon les chiffres de l’organisme.

Le porte-parole de la Fédération, Renaud Brossard, a qualifié le nombre de 43 469 employés du secteur public québécois gagnant plus de 100 000 $ par année d’«énorme», mais a déclaré que les organismes publics du Québec n’ont pas fourni suffisamment d’informations pour mettre les données en contexte. «Mais cela ne signifie pas que parmi les 43 469, il n’y a pas de ces responsables qui ne méritent pas des salaires comme ça», a-t-il fait valoir. Ces salaires coûteraient aux contribuables environ 5,3 milliards $, selon l’organisme.

Il est également difficile d’obtenir un pourcentage précis des employés gagnant un salaire de plus de 100 000 $ au sein de l’effectif total du secteur public. Le gouvernement provincial comptait à lui seul l’équivalent d’environ 510 095 employés à temps plein répertoriés dans les documents budgétaires de 2019.

M. Brossard a indiqué mardi que l’organisme avait utilisé la loi québécoise sur l’accès à l’information pour demander des informations à plus de 2000 organismes publics provinciaux et municipaux.

Selon M. Brossard, 450 organismes publics ont refusé de répondre pleinement aux demandes d’accès, mais 1688 autres se sont conformés à la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels.

Mardi, le premier ministre François Legault n’avait pas grand-chose à dire sur la liste «ensoleillée» de la Fédération. «Cela reflète le marché», a-t-il déclaré à propos des salaires. Lorsqu’on lui a demandé si le gouvernement était prêt à publier sa propre liste détaillée, le bureau de M. Legault a dirigé un journaliste vers un site web du gouvernement contenant des statistiques générales sur la fonction publique et les échelles de rémunération.