Pourquoi fait-il plus chaud au Saguenay-Lac-Saint-Jean qu’ailleurs en été?

OPINION / Si la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean est l’objet en été des chaleurs les plus élevées du Québec, cela s’explique notamment par la topographie. En effet, la circulation atmosphérique en Amérique du Nord amène des masses d’air venant du Bouclier canadien (généralement de l’Ouest) et celles-ci passent alors au-dessus des basses terres du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Or, les basses-terres du Saguenay-Lac-Saint-Jean constituent une dépression orographique appréciable dans laquelle l’air au sol passe de l’altitude de 1000 m à 100 m (et même à 0 m au niveau de la rivière Saguenay). Cette descente de l’air, la subsidence, occasionne une augmentation de la pression atmosphérique par la compression de la colonne d’air; donc un réchauffement.

Ainsi, il ne fut pas surprenant que le 18 juin 2020, alors qu’il y avait une vague de chaleur sur tout le Québec, qu’on ait mesuré 29,3 degrés C à L’Étape, 32,8 degrés C à Chibougamau tandis qu’à Bagotville, la température atteignait 36 degrés C. En fait, selon les modèles atmosphériques, l’air se réchauffe à un taux moyen de 0,6 degrés C par 100 m à mesure qu’il descend; ce qui crée dans le cas qui nous intéresse une différence de quelques degrés en faveur des basses-terres.

Somme toute, c’est un phénomène qui se produit assez souvent et qui peut être associé à ce qui se passe lors de l’Akua-Nutin, un phénomène similaire.

Majella-J. Gauthier, géographe

Université du Québec à Chicoutimi

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LES ASTRES SONT ALIGNÉS

Les premiers ministres invoquent le caractère inédit de l’urgence pandémique pour sauver des vies.

Et si, par la même occasion, face à l’urgence climatique, on en faisait autant; les deux vont de pair.

100 000 vies pourraient être sauvées entre 2030 et 2050. Diabète, asthme, maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), cancer, problèmes cardiaques... Si nos gouvernements continuent d’être trop frileux face au coup de barre nécessaire à donner pour atteindre la neutralité carbone, les économies en coûts de santé anticipées par des associations de professionnels en santé ne seront pas au rendez-vous. Pourtant, selon elles, avec les vies sauvées et des maladies moins fréquentes, c’est 30 à 50 milliards $ par année que le pays pourrait sauver.

Au strict plan économique, les emplois passeraient d’un océan à l’autre de 19,5 à 23,5 millions. Le combat contre les canicules, les invasions par des insectes, les inondations et autres seraient bien moins lourds à porter pour les générations futures. Or, pour obtenir les résultats espérés, l’argent à investir par rapport à ce que les gouvernements désirent mettre en place entre 2030 et 2050 devrait être quadruplé: 91 milliards $.

Et pour y arriver, le Canada devrait respecter ses promesses de réduction des gaz à effet de serre (GES). Le problème est que pendant que les objectifs canadiens de réduction des GES demeurent les mêmes depuis l’accord de Paris en 2015, les décisions de poursuivre l’exploitation des énergies fossiles, elles, continuent à se multiplier. Cela résulte en un déséquilibre toujours grandissant entre les verts objectifs des gouvernements et leurs noirs desseins.

Si pour l’urgence pandémique, une dépendance de la crise climatique, on a trouvé des billions pour nous empêcher de sombrer, du moins les Canadiens, il n’y a pas de raison de fafiner avec l’argent nécessaire pour protéger véritablement la beauté du monde. D’autant que la lutte contre le changement climatique en sera en même temps une pour protéger les humains des pandémies.

Marcel Lapointe

Jonquière