L’Escouade d’enquête et de coordination du crime organisé (EECCO) de la Sûreté du Québec procède à une trentaine de perquisitions aux quatre coins de la région.

Plus de 15 000 plants et boutures de cannabis saisis en Mauricie

Trois-Rivières — Le cannabis continue de nourrir le marché noir. L’Escouade d’enquête et de coordination du crime organisé (EECCO) de la Sûreté du Québec en a fait une preuve éclatante en démantelant un vaste réseau de production et de vente de cannabis, mercredi, grâce à 33 perquisitions menées aux quatre coins de la région et à 15 arrestations.

Les policiers ont saisi plus de 15 000 plants et boutures de cannabis au cours de cette opération, et ils ont aussi mis la main sur des équipements servant à leur production d’une valeur estimée à 75 000 $.

«C’est une opération d’envergure étant donné le nombre de perquisitions et d’arrestations. On parle de plusieurs mois d’enquête. Le bilan aussi parle de lui-même», affirme la sergente Hélène Nepton, porte-parole de la Sûreté du Québec.

Parmi les équipements saisis se trouvaient plusieurs écosystèmes rotatifs. «Ce sont des équipements particuliers qu’on ne voit pas souvent», note la sergente Nepton.

À part les plants et les boutures, les policiers ont saisi environ 35 kg de cannabis en vrac, plus de 4 kg de haschich, de la cocaïne et des comprimés de méthamphétamine ainsi que plus de 15 000 $ en argent canadien et dix armes à feu. Finalement, dix véhicules ont été confisqués à leur propriétaire en tant que biens infractionnels.

De la bouture aux clients, ce réseau était vraisemblablement présent à toutes les étapes de la production jusqu’à la vente de cannabis. «Selon ce que l’enquête tend à démontrer, ces gens produisaient des grandes quantités de boutures de cannabis dans deux principaux locaux – un à Shawinigan et un à Trois-Rivières. Ces boutures étaient revendues pour être amenées dans des serres le temps qu’elles viennent à maturité. Certaines de ces serres appartenaient à l’organisation criminelle. D’autres serres appartenaient à des clients. La récolte était finalement ramenée à l’organisation», explique la sergente Nepton.  

Au total, 20 locaux commerciaux et résidences privées ont été ciblés par les policiers dans les secteurs de Trois-Rivières, Shawinigan, Saint-Paulin, Saint-Maurice, Sainte-Geneviève-de-Batiscan, Champlain et à Saint-Cyrille-de-Wendover, au Centre-du-Québec.  Des entrepôts, situés sur la rue Fusey, dans le secteur Cap-de-la-Madeine, ainsi que sur la rue Dupont, à Shawinigan ont notamment été visités. Par ailleurs, dans six des endroits perquisitionnés, du vol de service d’électricité a été constaté.

Treize perquisitions visaient des véhicules 

Les 15 personnes arrêtées ont été libérées. Il s’agit de deux femmes et treize hommes, âgés de 26 à 64 ans. Ils doivent comparaître à une date ultérieure où ils pourraient faire face à des accusations de production et vente de cannabis illicite ainsi que de vol de service d’électricité.

Trois autres personnes étaient visées par cette opération. Les policiers ont toujours l’intention de les arrêter.

En lien avec cette enquête qui a débuté il y a plusieurs mois, une serre de cannabis avait été démantelée à Notre-Dame-du-Mont-Carmel, le 14 mai dernier. Les enquêteurs avaient alors notamment saisi plus de 1600 plants et boutures de cannabis, du matériel et de l’équipement de production de cannabis ainsi que deux armes à feu. Un homme de 60 ans avait été arrêté. Lui aussi avait été remis en liberté.

Pour ce qui est de la récolte des policiers de mercredi, il est peu fréquent qu’autant de plants et de boutures de cannabis soient saisis dans des installations intérieures dans le cadre d’une même opération. En juin 2015, la Sûreté du Québec avait éradiqué quelque 20 000 plants et boutures dans des serres à Saint-François-du-Lac et à Pierreville. Une récolte record pour des serres intérieures, avait alors affirmé le service de police.

La Sûreté du Québec rappelle que, selon la Loi sur le cannabis, il est toujours interdit d’avoir en sa possession, de produire, de vendre, de distribuer ou d’importer du cannabis illicite, ce qui est évidemment le cas dans cette affaire. «Ce sont des boutures produites illégalement, c’est vendu illégalement. Tout est illégal dans ce réseau», mentionne la sergente Nepton.

Cette opération, menée par l’EECCO en collaboration avec la Direction de la police de Trois-Rivières et Hydro-Québec, a mobilisé quelque 150 policiers. Elle a été effectuée dans le cadre du programme ACCES-Cannabis, qui a pour mission de diminuer l’accessibilité du cannabis illicite sur le marché québécois et la concurrence déloyale faite à la SQDC par des producteurs et trafiquants illégaux.