Vêtus de rouge, les participants voulaient passer un message clair au gouvernement Legault, à peine quelques jours après le dévoilement lundi du Plan pour une économie verte (PEV).
Vêtus de rouge, les participants voulaient passer un message clair au gouvernement Legault, à peine quelques jours après le dévoilement lundi du Plan pour une économie verte (PEV).

Plan vert: le climat en «zone rouge», martèlent des manifestants à Québec [PHOTOS]

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
Le Plan vert dévoilé par le gouvernement du Québec plus tôt cette semaine ne fait pas l’unanimité. À la Place d’Youville, un peu plus d’une centaine de manifestants ont réitéré samedi l’«urgence d’agir» en matière de climat, lui aussi en «zone rouge».  

Vêtus de rouge, les participants voulaient passer un message clair au gouvernement Legault, à peine quelques jours après le dévoilement lundi du Plan pour une économie verte (PEV). L’enveloppe «ambitieuse» de 6,7 milliards de dollars sur cinq ans promet la réduction des émissions polluantes pour atteindre l’objectif d’ici 2030.

«La crise climatique exige des actions aussi fortes que celles mises en place pour endiguer la crise sanitaire», se sont-ils prononcés.  

Sans quoi, ont-ils projeté, l’avenir sera synonyme de «catastrophe».

Horizon 2030

«2030. Regardez autour de vous. Il y a encore une grande majorité de véhicules qui fonctionnent avec de la gazoline. Le port du masque à gaz est obligatoire à l’intérieur et à l’extérieur. À la sortie du troisième lien, on estime que la qualité de l’air est comparable à celle qui sort des tuyaux d’échappement des camions diésel», a énuméré Danielle Lambert, l’une des porte-paroles de l’événement.

Devant elle, tous se sont couvert le visage d’un masque rouge, à l’image de ses propos. Puis, le voyage dans le temps s’est poursuivi.

«2050. Trop peu, trop tard. Les efforts n’ont pas suffi, c’est la catastrophe. Dans le passé on n’a pas considéré l’urgence de la crise, notre survie et celle des animaux est de plus en plus précaire. Des millions de personnes meurent à cause de la mauvaise qualité de l’air, du manque d’accès à l’eau potable et des catastrophes naturelles qui se multiplient», a-t-elle continué devant une masse de personnes allongées sur le sol pour illustrer la vague mortelle.

«C’est une projection catastrophique basée sur le plus large consensus scientifique. Une projection qui est en voie de se réaliser si rien n’est fait dès aujourd’hui», a renchéri au micro Vania Wright-Larin du Regroupement d’éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches.

Tous les manifestants se sont allongés au sol pour illustrer une vague mortelle liée à la «mauvaise qualité de l’air».

Amélie Brisson-Laperle a répondu à l’appel du rassemblement avec ses amis. Elle s’est montrée catégorique au sujet du Plan vert. Pour elle, le rouge, couleur symbole de la manifestation, ne veut pas seulement dire «urgence». «Le rouge c’est la colère. Le plan dévoilé n’est clairement pas suffisant, on en demande plus». 

«L’environnement n’est clairement pas dans les priorités du gouvernement. Il n’a pas de gros objectifs on s’entend qu’il veut faire le minimum et c’est en contradiction avec tout ce qu’il a déjà fait d’anti-environnemental», a ajouté son ami Étienne.

Mesures «radicales»

Exigeant des mesures «radicales» pour répondre aux «urgences que sont le climat et la justice sociale», plusieurs membres de regroupements communautaires, environnementaux, syndicaux, féministes et étudiants ont pris la parole.   

Parmi les demandes figurait au premier plan l’abandon des projets susceptibles de générer des gaz à effet de serre. Le GNL-Québec et le projet Laurentia étaient sur la sellette.

«D’un côté, le gouvernement Legault dit vouloir atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris et de l’autre côté, il continue d’appuyer les projets à fortes émissions de GES qui sont aussi très dommageables pour la santé humaine et la faune», a illustré Anaïs Gousse, porte-parole de la Coalition pour un virage environnemental et social.

«Le projet d’agrandissement portuaire Laurentia apportera des effets négatifs importants sur la qualité de l’air et la santé des gens de Limoilou-Beauport. Il va détruire l’équivalent de 72 terrains de football en milieux humides dans le fleuve» a quant à lui estimé Daniel Guay, qui prenait la parole au nom de la Table citoyenne du Littoral Est.

La justice sociale aussi

Des groupes étaient aussi présents samedi pour presser le gouvernement du Québec d’investir «massivement» dans les services publics, notamment en santé et en éducation.

«Les personnes qui ont le plus souffert de la crise, dont une très grande majorité de femmes, ne bénéficieront pas du plan de relance. On veut d’une relance qui prend soin des humains et qui prend soin de la Terre», s’est exprimée Anne-Valérie Lemieux-Breton du Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale.

«On demande au gouvernement Legault d’avoir toutes les mesures nécessaires à une relance juste. En ces temps de pandémie, c’est plus que jamais important d’avoir une justice sociale cohérente entre tous les travailleurs du Québec», de réclamer Lydia Martel, première vice-présidente du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).