Pierre Dion

Pierre Dion passera 30 jours en prison pour incitation à la haine

LAVAL - L’homme de 49 ans de Terrebonne reconnu coupable d’incitation à la haine en mai dernier devra passer 30 jours derrière les barreaux.

Ainsi en a décidé, mardi, le juge Gilles Garneau de la Cour du Québec, imposant ainsi à Pierre Dion une peine beaucoup plus sévère que ce que réclamait la Couronne, et ce, afin de lancer un message fort à la population.

Pierre Dion est cet internaute qui avait publié deux vidéos de lui-même les 28 et 29 janvier dernier, soit deux ans jour pour jour après l’attentat qui avait fait six morts et plusieurs blessés à la mosquée de Québec.

Dans ces vidéos, il faisait l’éloge du tueur et invitait les Canadiens à «sortir les musulmans du pays».

Il avait été appréhendé deux jours plus tard.

Le magistrat a dit ne pas croire aux excuses formulées par l’accusé, a qualifié son crime et ses propos d’»odieux» et lui a rappelé qu’il avait eu tort de croire que «sa liberté d’expression était sans limites».

Le ministère public avait réclamé des travaux communautaires alors que la défense avait plaidé pour une période de probation d’un an et demi, des restrictions liées à l’usage d’internet et un don de 1500 $ à une association musulmane.

Le tribunal a toutefois choisi l’incarcération, mais de manière discontinue, de sorte que Pierre Dion pourra purger sa peine à raison d’une journée par semaine à compter du 21 juin.

L’avocate de Pierre Dion, Me Ilana Suissa, était déçue de cette sanction, mais elle a reconnu que celle-ci se situait dans les limites prévues par la loi.

«C’est sûr que le juge a aussi pris en compte le fait que M. Dion a un enfant. C’est un jour de prison qui commence le vendredi et finit le samedi. On pense que c’est sévère. C’est plus que ce que la Couronne a demandé, mais ça fait partie des balises, ça respecte le droit, ça respecte ce que le législateur entendait par ça», a dit l’avocate.

En rendant le verdict de culpabilité, le 22 mai dernier, le juge Garneau a précisé qu’il ne faisait aucun doute que les propos de l’accusé visaient un groupe identifiable, comme le prévoit la loi, en l’occurrence les musulmans.

Pierre Dion, qui n’en était pas à ses premiers démêlés avec la justice pour des gestes similaires sur le web, a insulté les journalistes présents à l’audience.