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Le Groupe F. Dufresne, qui exploite plusieurs dépanneurs de la bannière Sprint, réfléchit à la possibilité de fermer certains de ses dépanneurs pendant les heures du couvre-feu.
Le Groupe F. Dufresne, qui exploite plusieurs dépanneurs de la bannière Sprint, réfléchit à la possibilité de fermer certains de ses dépanneurs pendant les heures du couvre-feu.

Peu de stations-service resteront ouvertes pendant le couvre-feu

Paul-Robert Raymond
Paul-Robert Raymond
Le Soleil
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Malgré le fait que les stations-service peuvent demeurer ouvertes après 20h, plusieurs choisissent de fermer leurs portes même si elles peuvent servir les travailleurs des services essentiels.

Certains détaillants jugent que le jeu n’en vaut pas la chandelle, comme l’explique Yves Servais, directeur général de l’Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec (AMDEQ). 

«L’achalandage ne sera pas assez fort passé 19h30 ou même en prolongeant jusqu’à 20h30 ou 21h, surtout en région», souligne-t-il. «Une essencerie-dépanneur peut difficilement être rentable juste avec la clientèle formée de travailleurs essentiels.»

De plus, selon M. Servais, 80 % du chiffre d’affaires des dépanneurs provient des ventes de tabac, de bière et de loterie. «Les terminaux de Loto-Québec sont débranchés à partir de 19h30 et même la vente de gratteux est interdite à la même heure», ajoute-t-il. Le reste des ventes ne justifieraient pas le coût de la main-d’œuvre.

Il y a aussi un aspect de sécurité pour les employés des dépanneurs. «Quelques-uns de nos 1300 membres nous ont soulevé ce point. Les employés n’ont pas à subir la mauvaise humeur des clients qui insisteraient à acheter leurs cigarettes ou de la bière après 20h», répond M. Servais lorsqu’on lui a demandé ce qui pourrait bien se passer lorsqu’un jeune employé de dépanneur aurait à refuser de tels achats.

«Ça fait partie de notre analyse», renchérit Gabriel Bérubé-Pelletier, directeur du marketing et des communications chez Groupe F. Dufresne, qui exploite plusieurs dépanneurs de la bannière Sprint. «Nous n’avons pas eu à faire face à de telles situations problématiques, mais la sécurité de nos employés est très importante.»


« L’achalandage ne sera pas assez fort passé 19h30 ou même en prolongeant jusqu’à 20h30 ou 21h, surtout en région. »
Yves Servais, directeur général de l’Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec (AMDEQ)

Même si Groupe F. Dufresne n’a pas encore décidé de fermer ses stations-service pendant le couvre-feu, M. Bérubé-Pelletier confirme lui aussi que «c’est très tranquille après 20h» dans leurs essenceries-dépanneurs. «On continue d’analyser la situation pour nos dépanneurs corporatifs», dit-il, faisant la distinction par rapport au dépanneur dans le quartier Lairet, jumelé à une station-service Eko — une bannière du Groupe F. Dufresne —, ayant fait l’objet d’un reportage à ICI Radio-Canada.

«Celui-ci est un détaillant [Eko] affilié qui est propriétaire de son dépanneur», explique M. Bérubé-Pelletier.

Même Couche-Tard a décidé de fermer des essenceries dans certains secteurs où il y a moins d’achalandage.

Rappelons que le décret gouvernemental autorise uniquement les dépanneurs avec station-service à demeurer ouverts après 20h et de ne vendre que des produits reliés à l’automobile ou alimentaires. «Les dépanneurs sans essencerie doivent fermer pendant le couvre-feu», affirme M. Servais. «Notre position, c’est de mettre l’épaule à la roue pour contribuer à diminuer la propagation de la COVID-19», ajoute-t-il.

Une bonne année pour les dépanneurs

En ce qui concerne l’année qui vient de se terminer, Yves Servais de l’AMDEQ n’a pas à se plaindre. «Pour une grande partie de nos membres, 2020 a très bien été. Ils ont connu une hausse de leurs ventes, surtout notamment en raison des épiceries et des succursales de la SAQ qui étaient fermées le dimanche en avril et en mai. Mis à part des dépanneurs qui étaient situés dans des tours de bureaux, dont certains ont dû fermer leurs portes, l’année a été très bonne.»

Il ajoute que certains membres ont doublé leurs ventes de pain et de lait depuis le début de la pandémie en mars dernier.

Certains dépanneurs ont profité de la pandémie pour modifier leur modèle d’affaires. «Il y a de nos membres qui offrent maintenant des plats cuisinés et préparés. Ils ont engagé un cuisinier qui prépare ces plats», ajoute-t-il. «Le visage des dépanneurs change progressivement. Certains offrent maintenant des bières de microbrasserie. C’est plus dynamique qu’avant.»