Pétrole et gaz naturel: 1,9 M$ pour sécuriser plus de 600 puits inactifs

Des 711 puits de pétrole et de gaz naturel inactifs au Québec, le gouvernement en connaît le propriétaire d’à peine 93 sur tout le territoire. Québec débloque 1,9 million $ pour identifier le responsable des 618 puits restants et les sécuriser.

L’objectif du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles est de repérer ces puits et de les inspecter afin d’apporter les correctifs nécessaires. 

Des 618 puits sans propriétaire connu, des experts vont entamer dès cet été des travaux pour les sécuriser.

«Pour rassurer la population, j’ai demandé aux équipes du ministère d’entamer les travaux systématiques sur la base des 618 puits inactifs, qu’ils aient été repérés ou non. Nous nous engageons donc à le faire sur une période de trois ans et à publier annuellement le résultat de nos travaux», a expliqué le ministre Pierre Moreau. 

Le ministre invite donc les personnes qui découvriraient un puits, et dont le propriétaire n’est pas connu, à avertir sans délai le Ministère. Ce dernier entamera des démarches pour identifier le responsable, et effectuer les travaux nécessaires à la fermeture du puits. 

«L’approche du Ministère n’est pas une approche coercitive», a nuancé M. Moreau. Il explique que les citoyens n’ont pas l’obligation de signaler l’existence d’un puits. Or, le propriétaire d’un lot où se situe un puits conserve une responsabilité civile liée à la propriété de ce lot. Il doit autrement dit sécuriser correctement les lieux. 

«Cette personne-là doit savoir que si sur sa propriété il y a un puits et que le puits fuit, il peut y avoir des dommages à l’environnement et des dommages occasionnés aux personnes ou aux objets qui se trouvent à proximité du puits. Et là, il y a une responsabilité civile qui leur échoit. Alors, ce qu’on dit à ces gens-là : On vous tend la main. Si vous ne savez pas ce qui se passe, puis vous voulez le savoir, on peut être là pour vous aider», a dit le ministre.

Sceptiques

Plusieurs groupes environnementaux restent sceptiques devant ce «plan de match», que le ministre avait promis dès son entrée en poste. 

Selon le Collectif scientifique sur la question du gaz de schiste, Pierre Moreau reconnaîtrait le manque de crédibilité de son ministre en matière de surveillance et d’entretien des puits inactifs. 

«Trois ans et demi après avoir lancé son plan d’action pour l’inspection des puits inactifs au Québec en 2014, et après avoir géré ce dossier avec une opacité et un laxisme ahurissants, le gouvernement Couillard lance… la même chose», a pour sa part souligné Carole Dupuis, du Regroupement vigilance hydrocarbures Québec.