Lwanzo a commencé à peindre un peu par hasard, il y a deux ans, lorsque sa mère, Christiane Dupuis, lui a proposé une activité de peinture sur un plexiglas.

Peindre la musique pour surmonter son handicap

Un jeune artiste peintre de 12 ans, Lwanzo Dupuis, atteint d’une double hémiparésie spastique, s’épanouit pleinement depuis qu’il a commencé à peindre. Ses oeuvres commencent déjà à attirer le regard de plusieurs spécialistes de l’art, dont le sculpteur Armand Vaillancourt, présent au vernissage, samedi.

Lwanzo a commencé à peindre un peu par hasard, il y a deux ans, lorsque sa mère, Christiane Dupuis, lui a proposé une activité de peinture sur un plexiglas. «La première oeuvre qu’il m’a faite était belle et j’ai eu un choc. J’étais vraiment étonnée du résultat», confie Mme Dupuis.

Son handicap, un déficit de la force musculaire, requiert une assistance pour tous ses besoins quotidiens. Mais en ce qui concerne la peinture, le jeune artiste se débrouille tout seul, à part pour mettre le vernis en vaporisateur. C’est sa mère qui s’en occupe.

Diptyque de Lwanzo Dupuis : «Amour entre un petit coeur et une petite fripouille», acrylique sur toile vernie

Admirative face à sa première peinture, Mme Dupuis est allée avec son fils chez Multifab chercher d’autres plexiglas. Lwanzo, qui avait amené son oeuvre, l’a montrée au gérant, qui lui a offert les plexiglas.

«C’est une source de bonheur et d’expression pour moi, la peinture», explique Lwanzo via sa maman. Son handicap l'empêche de parler, mais il s’exprime par signes et il entend et comprend normalement. Il a répondu aux questions du Soleil par le langage des signes et Mme Dupuis a traduit les réponses.

Après ses premiers essais sur du plexiglas, Lwanzo s’est mis également à peindre sur des toiles. Toutes ses oeuvres sont inspirées par la musique. «Je choisis à chaque fois une musique différente, classique, rock, africaine selon mes envies», raconte-t-il.

La toile Paradis a été peinte en écoutant des Ave Maria de Shubert, Gounod et Caccini. Une autre a été inspirée par le batteur de Stevie Wonder, rencontré lors d’un festival. Lwanzo joue également de la batterie, sa seconde passion. Lors de la rencontre, le batteur lui a offert ses bâtons et Lwanzo lui a promis de le remercier avec une peinture. Il a choisi les couleurs que l’artiste portait et il a peint en écoutant Stevie Wonder. «C’est beaucoup ce qu’il est en train de vivre. Il le ressort en peinture», souligne Mme Dupuis.

Le sculpteur Armand Vaillancourt a assisté au vernissage du jeune Lwanzo samedi.

Les gens admiratifs

Les oeuvres de Lwanzo attirent de plus en plus les regards. Le sculpteur Armand Vaillancourt a rencontré Lwanzo lors d’une exposition à Sainte-Foy, l’an passé. Le jeune artiste avait amené une peinture créée après avoir écouté une entrevue du sculpteur.

M. Vaillancourt, impressionné par l’oeuvre, a dit à Lwanzo qu’il allait la mettre chez lui. Toute une récompense pour le jeune peintre. Depuis, les deux artistes sont restés liés. «Esthétiquement c’est très beau. C’est pas juste un enfant qui met la main dans la peinture puis sur une toile. C’est un enfant qui sourit et qui peut donner du courage à d’autres», affirme-t-il.

Lwanzo Dupuis expose ses oeuvres samedi et dimanche au 2215, rue Marie-Victorin.

L'oeuvre «Danse des Massaïs» de Lwanzo Dupuis

Deux nouvelles oeuvres de Vaillancourt

Armand Vaillancourt, qui va avoir 90 ans dans quelques mois, travaille depuis un an sur deux sculptures inspirées par des citations des cinéastes Pierre Falardeau et Michel Brault.

Le contrat a été accordé par les élus de Rosemont-La-Petite-Patrie à Montréal pour rendre hommage aux deux cinéastes décédés en 2009 et 2013. Les deux oeuvres seront inaugurées au printemps dans des places publiques de l’arrondissement.