Patrick Roy
Patrick Roy

Patrick Roy n’aurait pas fait comme Tuukka Rask

Carl Tardif
Carl Tardif
Le Soleil
Admiratif face à l’engagement des joueurs de s’engouffrer dans une bulle pour disputer les présentes séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey, Patrick Roy n’aurait cependant pas eu l’idée de retourner à la maison comme l’a fait récemment le gardien de but des Bruins de Boston, Tuukka Rask.

«J’aurais eu l’impression de laisser tomber mes coéquipiers, ça ne fait pas partie de ma culture», commentait l’actuel directeur général et entraîneur-chef des Remparts de Québec mardi matin, en marge d’une visioconférence à propos de la prochaine saison de la LHJMQ qui se mettra en branle le 1er octobre.

Le gardien des Bruins a renoncé à poursuivre l’aventure éliminatoire des Bruins afin d’être auprès de son épouse, qui vient d’accoucher, et de ses enfants. Son coéquipier Jaroslav Halak est désormais le gardien numéro 1 de son équipe, qui a pris les devants par  3-1 dans la série qui l’oppose contre les Hurricanes de la Caroline.

«Il est difficile pour moi de répondre à cette question, parce que ce n’est pas le genre de décision que j’aurais prise. Maintenant, on a tous une culture différente, et lui, il a choisi de retourner à la maison. À l’interne, je suis convaincu que les joueurs des Bruins vont toujours dire qu’ils supportent sa décision, mais il y a toujours un côté caché en toi qui dit que tu as l’impression que le joueur laisse tomber l’équipe, il n’y a aucun doute là-dessus», disait-il.


« J’aurais eu l’impression de laisser tomber mes coéquipiers, ça ne fait pas partie de ma culture »
Patrick Roy

Cela dit, Roy ne cachait pas son respect avec les joueurs qui ont repris le travail après plusieurs semaines d’inactivité et qui sont en mission pour remporter la Coupe Stanley dans une situation fort différente qu’à l’habitude.

«Le contexte est un peu bizarre, mais à la fin, les joueurs font les sacrifices pour gagner la Coupe Stanley, ce qui est tout à leur honneur», soulignait l’ancien gardien ayant soulevé le précieux trophée quatre fois en carrière.

«Pensez-y, les joueurs sont isolés de leur famille et de leurs enfants pendant neuf semaines. Même s’ils sont passionnés par le sport et bien rémunérés, ça demande un engagement important», ajoutait le membre du Temple de la renommée du hockey.

S’il était encore actif, Roy admet qu’il aurait eu besoin d’une période d’adaptation pour retrouver le niveau de jeu nécessaire pour cette période de la saison. Il pense que les matchs disputés à huis clos dans la LNH pourront servir de référence à ses joueurs et à toutes les équipes de la LHJMQ qui se produiront devant des gradins vides à la reprise des activités, le 1er octobre.

«Je vois cela de la même manière que dans la LNH. Ce n’est pas ce qu’on veut, mais au moins, on peut jouer au hockey. Les partisans pourront suivre les équipes via les médias, regarder les matchs sur le web et à la télévision. Espérons que les choses évolueront au niveau du coronavirus et qu’il pourra y avoir plus de monde dans les amphithéâtres en deuxième moitié de saison.»

Bien sûr, les joueurs devront puiser au fond d’eux-mêmes pour trouver l’énergie que la foule pouvait leur donner, à l’occasion.

«Ça va avoir un effet sur certains joueurs, car il y a en qui carburent avec l’intensité et l’énergie de la foule. Quand je jouais, j’aimais l’ambiance avec les partisans et quand c’était bruyant, que ce soit pour ou contre nous. Il s’agissait d’une source de motivation, ça permet de te surpasser.»

Mais que les gradins soient remplis ou non, les joueurs devront performer à la hauteur des attentes.

«Ce qui arrive, c’est malheureux pour tout le monde. Ça change beaucoup les choses, mais c’est la vie. Il faut trouver une façon de s’adapter, et c’est ce qu’on essaie de faire dans la société. Il faut s’assurer que si jamais il y avait une deuxième vague, qu’elle soit moins grande.»

Calendrier de la LHJMQ

Le calendrier de la LHJMQ comptera 60 matchs par équipe qui seront disputés à l’intérieur de chacune des trois divisions. Les Remparts joueront donc exclusivement contre Baie-Comeau, Chicoutimi, Rimouski, Shawinigan et Victoriaville. Un calendrier de cinq matchs préparatoires, également à huis clos, est prévu, dont les deux premiers à Québec contre l’Océanic, le 1er septembre, et à Rimouski, le 3 septembre. Ces deux matchs précéderont la remise de l’alignement final à la LHJMQ, le 6 septembre.