La période couverte par le recours s’étend de 1925, année au cours de laquelle la congrégation a commencé à tenir un orphelinat sur le site du Mont d’Youville, jusqu’en 1996.
La période couverte par le recours s’étend de 1925, année au cours de laquelle la congrégation a commencé à tenir un orphelinat sur le site du Mont d’Youville, jusqu’en 1996.

Orphelinat du Mont d’Youville: au moins 71 présumés agresseurs

Au moins 71 agresseurs, dont 55 religieuses des Soeurs de la Charité de Québec auraient sévi à l’intérieur des murs de l’ancien orphelinat du Mont d’Youville à Beauport.

Depuis le dépôt de la demande de recours collectif en 2018, pas moins de 280 anciens pensionnaires ont communiqué avec le cabinet d’avocat Quessy Henry St-Hilaire pour raconter leur histoire d’horreur. Selon les avocats, il pourrait y avoir des centaines d’autres plaignants.

Au terme de ces rencontres, les avocats sont maintenant en mesure d’identifier 71 présumés agresseurs, dont 55 religieuses, qui auraient infligé des sévices psychologiques, physiques ou sexuels à des enfants qui leur étaient confiés.

La période couverte par le recours s’étend de 1925, année au cours de laquelle la congrégation a commencé à tenir un orphelinat sur le site du Mont d’Youville, jusqu’en 1996. Après cette date, la gestion de l’orphelinat a été confiée au Centre jeunesse de Québec. Le CIUSSS de la Capitale-Nationale est poursuivi au même titre que les Soeurs de la Charité de Québec par les anciens pensionnaires.

Jean Simard et Denis Leclerc portent la demande de recours collectif sur leurs épaules. Ils ont été placés au Mont d’Youville dans les années 1970.

M. Simard a subi des centaines de corrections physiques par un ancien préposé laïc, John-Anthony O’Reilly, condamné en 2010 à deux ans de pénitencier pour des agressions sur cinq anciens pensionnaires.

Denis Leclerc aurait lui aussi été brutalisé par O’Reilly en plus de subir une agression sexuelle aux mains d’une religieuse administratrice de l’institution.

M. Leclerc affirme que lorsqu’il était âgé d’environ 10 ans, Soeur Mailly lui a demandé de quitter la cour de récréation pour la suivre. Elle aurait amené le garçon dans sa chambre et lui aurait offert des chocolats. La religieuse aurait ensuite pris la main de l’enfant pour la déposer sur sa vulve et lui aurait demandé de la masturber. Denis Leclerc dit s’être exécuté. Il s’est par la suite lavé la main à de nombreuses reprises.

Jean Simard et Denis Leclerc décrivent dans la demande les lourdes séquelles qu’ils disent toujours traîner, des décennies après les agressions. Ils réclament chacun deux millions de dollars à titre de pertes pécuniaires, non-pécuniaires et dommages punitifs.

Jean Simard et Denis Leclerc disent n’avoir été en mesure de réaliser les préjudices subis qu’en 2010 pour le premier et en 2018 pour le second. Ils affirment donc que leur recours n’a pas dépassé le délai de prescription de 30 ans.

Selon les avocats des pensionnaires, les autorités de la congrégation ne pouvaient ignorer que des employés et des religieuses commettaient des agressions et sont, disent-ils, responsables des dommages subis par les anciens pensionnaires.

Après plusieurs mois de requêtes préalables présentées par les parties défenderesses, le juge Étienne Parent de la Cour supérieure entendra finalement le débat en autorisation le 16 juin.