Opposants à GNL Québec: du fumier devant Promotion Saguenay

Un mini gazoduc « rempli de marde » a été installé devant les bureaux de Promotion Saguenay dont la devanture a aussi été aspergée de la matière au cours de la nuit de jeudi à vendredi. La Cellule des abysses a revendiqué le coup d’éclat dans un communiqué, affirmant avoir agi afin de dénoncer le financement de « projets de marde ».

Selon le Service de police de Saguenay qui s’est rendu sur les lieux, la matière s’apparente à du fumier. Aucune plainte n’a été déposée pour le moment.

Les membres de la Cellule des abysses affirment dans leur communiqué que Promotion Saguenay a choisi son camp en donnant 33 000 $ sur quatre mois à l’ex-députée néodémocrate Karine Trudel afin de payer son salaire de porte-parole du groupe Je crois en ma région qui fait de la « propagande » pour Arianne Phosphate, Métaux BlackRock et GNL Québec.

La cellule reproche également à Promotion Saguenay d’avoir octroyé une somme de 42 000 $ à la firme de relations publiques TACT pour un mandat d’accompagnement dans l’acceptabilité sociale des grands projets prévus au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« En gros, Promotion Saguenay utilise de l’argent public dans le but de faire de la pub pour des compagnies déjà immensément subventionnées par les divers paliers de gouvernement », affirme le communiqué qui estime que GNL Québec « avec à sa tête le milliardaire américain Jim Breyer, n’a pas besoin de plus de fonds pour faire la promotion de son projet écocide. »

En décembre 2018, la Cellule des abysses avait installé une pancarte dénonçant le projet d’Arianne Phosphate en bordure de la route 172, à Saint-Fulgence. La Cellule des abysses, qui s’est faite discrète depuis plus d’un an, avait promis que d’autres actions suivraient.

« Après Arianne Phosphate et les bureaux de Métaux BlackRock l’année dernière, c’est au tour de Promotion Saguenay, organe de financement des grands projets, d’être attaqué. Cette action directe symbolique et ludique est un petit réchauffement avant le printemps. Espérons qu’elle pue au nez autant que les relations incestueuses entre Port Saguenay et Ville Saguenay (Stéphane Bédard est sur le conseil d’administration de Port Saguenay en plus d’être payé comme consultant externe de la mairesse de Saguenay). D’autres actions suivront », promet-elle encore.

Il a été impossible de parler à quelqu’un de la cellule vendredi.

Michel Potvin déplore la situation

Le conseiller municipal et président de Promotion Saguenay, Michel Potvin, déplore le geste posé par la Cellule des abysses.

« Ce n’est pas parce que c’est des gros bris. Je pense que c’est des lâches qui nuisent à la société. L’organisation a toujours été transparente et a toujours reçu les gens. Les gens ont toutes les places pour s’exprimer. Il y a le BAPE. S’ils ne veulent plus vivre dans notre société, d’autres pays existent », lance-t-il d’emblée.

Michel Potvin affirme que l’incident, combiné à de récents événements survenus à l’hôtel de ville de Saguenay, qu’il interprète comme des menaces, a fait naître des craintes chez les employés. « Même si ce n’est pas relié, c’est deux événements inquiétants. »

Au cours des dernières semaines, un individu aurait posé des tracts dénonçant les grands projets à plusieurs reprises sur les portes et dans le hall de l’hôtel de ville. Les policiers ont été avisés et l’individu a pu être rencontré. Aucune accusation n’aurait été déposée contre lui.

Du côté de la Ville, on affirme qu’il s’agit d’événements dérangeants, sans plus.

Le Service de police de Saguenay confirme qu’une intervention a eu lieu en raison de la présence d’un individu quelque peu harcelant à l’hôtel de ville, mais qu’aucune arrestation n’a eu lieu.