La Cour supérieur a reconnu le droit du Conseil de Atikmekws d’Opitciwan d’expulser de son territoire toute personne reconnue coupable de trafic de drogues.

Opitciwan peut expulser une personne coupable de trafic de stupéfiants

La Tuque — La Cour supérieure du Québec a donné raison au Conseil des Atikamekw d’Opitciwan dans son droit d’expulser de son territoire toute personne reconnue coupable de trafic de drogues et autres substances.

La Cour supérieure du Québec a donné raison au Conseil des Atikamekw d’Opitciwan dans son droit d’expulser de son territoire toute personne reconnue coupable de trafic de drogues et autres substances.
«Le désir de voir nos jeunes grandir en santé et en sécurité nous a guidés lors de la mise en place du règlement et nous sommes déterminés à l’appliquer fermement à toute personne reconnue coupable de trafic de drogue. J’espère que le message est clair. À Opitciwan, c’est tolérance zéro pour la drogue», a déclaré le chef Christian Awashish.

Rappelons qu’en novembre 2016, les membres de la communauté Atikamekw d’Opitciwan avaient voté à 81 % pour un règlement administratif autorisant le Conseil de bande à exclure pendant cinq ans toute personne de la communauté reconnue coupable de vente ou revente de stupéfiants. Le règlement est entré en vigueur en janvier 2017.

La Cour supérieure du Québec a reconnu, récemment, la légitimité du règlement administratif d’Opitciwan en autorisant les autorités, dont le Service de police d’Opitciwan et la Sûreté du Québec, à expulser un membre de la communauté des limites de la réserve d’Opitciwan.

C’est la première fois qu’un membre de la bande contestait son expulsion devant les tribunaux. Grâce à ce précédent judiciaire, le Conseil compte maintenant aller de l’avant avec une douzaine d’autres dossiers de résidants qui ont déjà été reconnus coupables de trafic de drogue – ou qui sont en passe de l’être – afin de les expulser à leurs tours.

La résidante expulsée, Kelly-Marguerite Weizineau, a justement été reconnue coupable de trafic de stupéfiants par la Cour du Québec le 22 mars 2017. Le Conseil avait ensuite adopté une résolution le 1er août 2017 pour lui interdire de se trouver à Opitciwan jusqu’au 22 mars 2022.

Mme Weizineau contestait depuis ce moment son expulsion. Si elle ne quitte pas le territoire d’ici le 1er octobre, elle sera donc emmenée par des agents de police dans la ville la plus proche dans un rayon de 300 km. Elle pourrait donc être exilée dans le haut du Lac-Saint-Jean, à La Doré ou à Saint-Félicien.

«On essaie d’être humain dans tout ça. On va lui donner l’occasion de se préparer. C’est sûr que c’est une mesure draconienne, mais c’est un pensez-y bien pour ceux qui veulent vendre de la drogue», indique le chef Awashish. Le jugement prévoit aussi que la personne expulsée ne sera pas laissée «seule et sans soutien» aux limites de la réserve ou en pleine forêt.

La consommation de stupéfiants représente un problème de taille dans plusieurs communautés autochtones au Québec, et la communauté d’Opitciwan n’y fait pas exception.

Le Conseil de bande estime que le manque de ressources financières pour des programmes sociaux, la pauvreté et l’éloignement sont en partie responsables de cette inquiétante problématique.