La communauté d’Opitciwan a expulsé une de ses membres coupable de trafic de drogue.

Opitciwan : la Cour autorise l’expulsion d’une autochtone

La réserve autochtone d’Opitciwan expulsera au cours des prochains jours une de ses membres reconnue coupable de trafic de drogue en vertu d’un règlement administratif contesté qui vient de recevoir l’aval d’une juge de la Cour supérieure du Québec.

 Dans son jugement déposé le 19 septembre dernier, la juge Sandra Bouchard a reconnu la légitimité d’un règlement d’expulsion en vigueur depuis le 1er janvier 2017 dans la réserve située en Haute-Mauricie, au sud-ouest du Saguenay–Lac-Saint-Jean. 

« La décision de la juge est très importante puisqu’elle reconnaît l’autonomie gouvernementale de notre nation. J’espère que le message est clair. À Opitciwan, c’est tolérance zéro pour la drogue », explique le chef de la communauté Christian Awashish.

C’est la première fois qu’un membre de la bande contestait son expulsion devant les tribunaux. Grâce à ce précédent judiciaire, le Conseil compte maintenant aller de l’avant avec une douzaine d’autres dossiers de résidants qui ont déjà été reconnus coupables de trafic de drogue – ou qui sont en passe de l’être – afin de les expulser à leurs tours. 

Cinq ans

Le règlement d’Opitciwan permet aux policiers de la réserve et à ceux de la Sûreté du Québec d’exclure pendant cinq ans toute personne de la communauté reconnue coupable de vente ou revente de stupéfiants.

La résidante expulsée, Kelly-Marguerite Weizineau, a justement été reconnue coupable de trafic de stupéfiants par la Cour du Québec le 22 mars 2017. Le Conseil avait ensuite adopté une résolution le 1er août 2017 pour lui interdire de se trouver à Opitciwan jusqu’au 22 mars 2022. 

Mme Weizineau contestait depuis ce moment son expulsion. Si elle ne quitte pas le territoire d’ici le 1er octobre, elle sera donc emmenée par des agents de police dans la ville la plus proche dans un rayon de 300 km. Elle pourrait donc être exilée dans le haut du Lac-Saint-Jean, à La Doré ou à Saint-Félicien.

« On essaie d’être humain dans tout ça. On va lui donner l’occasion de se préparer. C’est sûr que c’est une mesure draconienne, mais c’est un pensez-y-bien pour ceux qui veulent vendre de la drogue », indique le chef Awashish. Le jugement prévoit aussi que la personne expulsée ne sera pas laissée « seule et sans soutien » aux limites de la réserve ou en pleine forêt. 

La consommation de stupéfiants représente toujours un problème de taille dans plusieurs communautés autochtones au Québec, et la communauté d’Opitciwan n’y fait pas exception, indique le chef Awashish. En novembre 2016, les membres de la communauté d’Opitciwan avaient voté à 81 % pour le règlement autorisant à expulser ses membres pour trafic de drogue.