Pierre Gauthier s’est fait voler six fois en deux ans.

«On va en forêt pour être tranquille»

La Tuque — «Une fois, ils ont vidé mon camp au complet, frigidaire, vaisselle, ils ont tout pris.» Pierre Gauthier a été victime de vol à six reprises dans les deux dernières années. En plus des pertes monétaires importantes, c’est le moral qui finit par être miné. Propriétaire d’un chalet depuis 25 ans en Haute-Mauricie, il soutient que les dernières années ont été pénibles en raison des vols.

«Ça amène beaucoup de frustration et beaucoup de colère. Il était temps qu’ils les attrapent parce qu’on l’aurait peut-être fait nous-mêmes et ça n’aurait peut-être pas été gentil», lance d’entrée de jeu Pierre Gauthier.

Au fil du temps, le villégiateur s’est fait voler un VTT, des bonbonnes de propane, des bidons d’essence, des articles mécaniques...

«C’est certain qu’à mesure qu’on se faisait voler, on laissait de moins en moins de stock là-bas. On les voyageait chaque fois pour éviter de se les faire voler. Avant ça, on avait beaucoup de matériel qu’on laissait en haut, ça nous évitait de le transporter chaque fois. On avait de quoi réparer une crevaison par exemple ou à peu près n’importe quoi… Là, on ne laisse plus rien, on se le fait voler», souligne le résident de Saint-Tite.

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Pierre Gauthier n’a pas toujours porté plainte. Il en a contre la lourdeur du système, des procédures qu’il qualifie de «décourageantes».

«Dans notre cas, sur six fois, on a fait des rapports seulement trois fois. Des fois, pour des vols de 100-150 $, on trouve que c’est beaucoup de procédures. Chaque fois, on passe trois heures au poste de police. […] On s’est fait voler en tout pour 6000 à 7000 $ et on a récupéré très peu de choses».

«Ils ne les retrouvent pas tout le temps (les coupables), mais quand ils se font attraper, souvent on leur donne des sentences bonbon. Six mois, un an de prison et à la moitié ils sont libérés et ils recommencent dans le bois», ajoute M. Gauthier.

L’homme d’une soixantaine d’années pense que les sentences devraient être plus sévères afin de dissuader davantage les délinquants.

«Il faudrait au moins une sentence de deux à cinq ans. Il faut que ces gens-là réfléchissent comme il faut. Si on leur donne six mois, ils vont recommencer dans six mois», commente-t-il.

M. Gauthier avait des caméras pour la chasse lorsque les vols ont débuté. Il en a racheté de nouvelles afin d’identifier l’auteur des crimes.

«On les a mis de façon à capter des images. On a capté des images de pick-up, ce qui a permis aux enquêteurs d’avancer», note-t-il.

Des suspects ont été épinglés concernant le vol de son chalet. Pierre Gauthier espère désormais avoir la paix, la raison pour laquelle il va en forêt.

Série de vols au nord de Wemotaci

Alex Newashish Quoquochi, Dustin Poucaciche, Christophe Awashish sont accusés de plus d’une vingtaine de chefs d’accusation concernant des vols commis à l’été et à l’automne 2018. Les introductions par effraction ont eu lieu au Lac-des-Deux-Yeux, au Lac-à-la-Truite, au lac Jean-Pierre, au lac Châteauvert et au lac Arm. Ils sont aussi accusés d’avoir volé des caméras de chasse. Des procédures judiciaires sont toujours en cours.

«Quand on a eu la nouvelle qu’ils avaient attrapé les voleurs, on s’est dit tant mieux si on peut retrouver la paix qu’on avait avant. Au départ, on va en forêt pour être tranquille. On s’est dit enfin! On va pouvoir continuer comme avant parce que tout le monde laissait des choses en haut et qu’on s’entraidait l’un l’autre», conclut Pierre Gauthier.