Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, donc ministre responsable d’Emploi-Québec, a réagi le 27 avril en déclenchant une «enquête» au sujet d’Unipêche MDM.

Offre d’emploi litigieuse sur Emploi-Québec

CARLETON — Emploi-Québec, une entité gouvernementale, a déjà mis sur son site en ligne au moins une offre d’emploi d’Unipêche MDM, offre dans laquelle la compagnie proposait un salaire supérieur aux hommes comparativement aux femmes pour des postes de journaliers. Cette offre remonte à la fin de l’hiver 2014.

Unipêche MDM, de Paspébiac, a fait la manchette le 27 avril et pendant les deux jours suivants en raison d’un affichage de postes dans lequel la firme de transformation de produits marins offrait un salaire de 12,69 $ l’heure aux femmes et de 13,28 $ aux hommes.

De nombreuses personnes et organisations ont déploré cette «discrimination» présumée de l’entreprise, qui a réagi en changeant l’offre afin de payer un salaire égal aux journaliers, femmes ou hommes. Le directeur Gino Lebrasseur s’est excusé et a expliqué que la firme avait des lignes de travail pour les hommes et d’autres pour les femmes. Les lignes d’hommes étaient ouvertes aux femmes si elles pouvaient faire le même travail, a-t-il noté.

Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, donc ministre responsable d’Emploi-Québec, a réagi le 27 avril en déclenchant une «enquête» au sujet d’Unipêche MDM.

Emploi-Québec s’était pourtant fait la courroie de transmission de l’offre d’Unipêche en 2014, soit longtemps après l’adoption en 1996 de la loi sur l’équité salariale. C’était quatre ans et demi avant l’arrivée de Jean Boulet au cabinet. Unipêche MDM a obtenu son certificat en matière d’équité salariale en 2015, pour une durée de cinq ans.

L’annonce d’Unipêche MDM sur le site d’Emploi-Québec avait été remarquée par un Gaspésien d’origine vivant à Québec, Simon Henry.

«C’était hallucinant de voir cette annonce, oui de la part d’une entreprise, mais du ministère? On pense que c’est acquis, l’équité salariale, mais quand c’est un ministère qui affiche ces postes», précise M. Henry, soulignant que l’écart entre les postes pour femmes et pour hommes, 59 cents, était le même en 2014 que dans l’annonce de 2019.

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En 2014, il a écrit la Commission de l’équité salariale afin de souligner la présence sur un site gouvernemental de l’annonce d’Unipêche MDM. 

«Je n’ai jamais eu de réponse à mon courriel. Pourtant, d’habitude, à l’écrit, on répond par écrit», précise M. Henry. Il a ensuite parlé à deux personnes, mais il ne peut se souvenir si c’est quelqu’un de la Commission de l’équité salariale ou de la Commission des droits de la personne.

«Je me souviens que la personne à qui j’avais parlé m’avait dit qu’il ne pouvait pas interférer, car c’était du ressort d’Emploi-Québec. Par la suite une employée d’Emploi-Québec m’a téléphoné pour connaître mon histoire. On m’a dit que des vérifications seraient faites. Je n’ai pas eu de suite», note aujourd’hui M. Henry.

Caroline d’Astous, porte-parole du ministre Boulet, précise que l’enquête amorcée par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail suit son cours et que l’entreprise collabore.

Elle explique la présence de l’annonce d’Unipêche MDM sur le site de placement en ligne d’Emploi-Québec par le fait «qu’il fonctionne en libre-service. Emploi-Québec n’est donc pas directement responsable des contenus qui sont publiés». Elle ajoute «qu’une veille constante des offres d’emploi et des candidatures est effectuée pour s’assurer de leur conformité aux conditions d’utilisation du site».