Les chevreuils se concentrent de plus en plus en zone urbaine et péri-urbaine, d’où une hausse des collisions.

Nouvelle zone de chasse pour enrayer la surpopulation de cerfs

CARLETON — La ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs créera une sous-zone de chasse en Gaspésie pour enrayer la surpopulation de chevreuils. En attendant l’instauration de cette sous-zone, vraisemblablement à l’automne 2019, le ministère distribuera par tirage au sort 500 permis de chasse au cerf sans bois dès 2018.

La surpopulation de cerfs sur les 180 kilomètres séparant Matapédia et Port-Daniel a fait bondir le nombre de collisions entre véhicules et chevreuils de 235 en 2011 à 600 en 2017. Le rythme s’accroît toujours. La population de cerfs en Gaspésie s’approche des 10 000 spécimens, essentiellement concentrés du côté sud de la péninsule.

L’annonce de changements portant sur le cerf a été réalisée lors de travaux de la commission parlementaire sur les transports et l’environnement. Répondant aux questions du député péquiste de Bonaventure Sylvain Roy, le ministre Luc Blanchette a refusé la création immédiate d’une sous-zone, mais en autorisant le prélèvement de 500 faons et femelles en novembre.

Sylvain Roy, qui milite avec vigueur pour la sous-zone depuis janvier, a fait remarquer au ministre que le prélèvement de cerfs sans bois pourrait avoir un effet néfaste du côté nord de la péninsule, où le cheptel est limité.

«Si on rouvre la chasse à la femelle du côté nord de la Gaspésie, c’est bien de valeur, bien le cheptel va disparaître dans ce coin-là. On va réguler dans notre coin [le côté sud] mais dans ce coin-là, ce sera une problématique d’extinction», a indiqué M. Roy.

Enjeu de sécurité

Il a rappelé que l’instauration d’une sous-zone était un enjeu de sécurité et qu’il venait d’en parler au ministre des Transports.

Devant l’insistance du député de Bonaventure, le ministre a indiqué qu’une sous-zone viendrait mais plus tard. Le sous-ministre Daniel Richard a précisé que la création d’une sous-zone nécessite «de la consultation, de la concertation, des modalités réglementaires et l’intervention du Bureau de l’arpenteur général du Québec». Ce processus ne pourra être complété à temps pour la saison 2018.

Il ne croit pas que le nord de la Gaspésie fera face à l’extinction du cheptel. «Nous, ce qu’on dit, c’est que les chasseurs vont se présenter beaucoup plus dans le sud, pour avoir un taux de succès relativement élevé», a noté le sous-ministre Richard.

Divers groupes militaient en faveur de l’instauration d’une sous-zone et d’un tirage au sort pour les femelles et les faons. Il y a un an, à Matapédia, le citoyen Daniel Bélanger avait recueilli 1200 signatures entre l’Ascension et Pointe-à-la-Croix afin d’inciter le gouvernement du Québec à bouger. Il avait alors reçu une fin de non-recevoir.